Guinée : La junte enterre la transition et prépare le hold-up électoral
La mascarade est désormais officielle. Ce n’était plus un secret pour personne, mais le régime de Mamadi Doumbouya vient de franchir un nouveau cap dans sa tentative de confiscation du pouvoir. Dans une déclaration qui sonne comme une confirmation de ce que beaucoup redoutaient, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a lancé un message sans équivoque aux dockers : « Le Général Mamadi Doumbouya ne peut plus ne pas être candidat parce que nous payons sa caution. Ou bien on ne la paye pas ? On paye ou on ne paye pas ? Que cela soit entendu, transcrit, écrit et archivé. »
Ces propos, teintés d’une ironie méprisante, illustrent la supercherie en cours. Le CNRD, qui avait promis une transition apaisée et un retour rapide à l’ordre constitutionnel, ne cherche plus à masquer son ambition : installer durablement Doumbouya au sommet de l’État sous couvert d’un simulacre d’élections.
Un processus électoral biaisé avant même d’avoir commencé
Le plan se déroule sous les yeux de tous. D’abord, la transition s’est éternisée sous des prétextes fallacieux : nécessité de « refonder l’État », réformes à rallonge, manœuvres pour neutraliser toute opposition. Ensuite, la junte a méthodiquement verrouillé l’espace politique : répression des voix dissidentes, interdictions de manifestations, instrumentalisation de la justice contre les opposants. Les ténors de l’opposition et de la société civile sont soit en exil, soit sous pression constante.
Maintenant, le régime passe à la vitesse supérieure : imposer la candidature de Doumbouya comme une évidence. En insinuant que « le peuple » financerait sa caution, Ousmane Gaoual Diallo tente d’habiller cette manœuvre d’un semblant de légitimité populaire. Une rhétorique grossièrement populiste qui ne trompe personne.
De la promesse du départ à la volonté de s’éterniser
Quand il renversait Alpha Condé en septembre 2021, Mamadi Doumbouya jurait, main sur le cœur, qu’il ne s’accrocherait pas au pouvoir. Il affirmait ne pas vouloir être « le énième dictateur » d’un pays déjà marqué par des décennies d’autocratie. Trois ans plus tard, la réalité est tout autre.
Les régimes militaires, en Afrique comme ailleurs, suivent souvent le même schéma : après la prise de pouvoir, vient le temps des promesses creuses, puis celui du durcissement et de la confiscation du pouvoir par la ruse ou la force. La Guinée ne fait pas exception. Le CNRD a méthodiquement installé une gouvernance autoritaire, écartant toute perspective de véritable transition démocratique.
La question n’est donc plus de savoir si Doumbouya sera candidat, mais plutôt comment il va truquer le processus pour s’imposer sans réelle opposition. La suite est déjà écrite : des élections taillées sur mesure, une pseudo-transition reconvertie en régime permanent, et une Guinée replongée dans un cycle infernal d’instabilité politique.
La junte avance ses pions, sûre de son impunité. Mais l’histoire nous enseigne que les dictateurs finissent toujours par tomber. La vraie interrogation est de savoir combien de temps et de souffrances il faudra encore à la Guinée pour briser ce cercle vicieux.
Binta Barry pour conakrylemag
— conakrylemag


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