Affaire Amadou Damaro Camara : La CRIEF joue la montre, justice ou acharnement sélectif ?

Affaire Amadou Damaro Camara : La CRIEF joue la montre, justice ou acharnement sélectif ?

La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) vient de prendre une nouvelle décision concernant Amadou Damaro Camara, l’ex-président de l’Assemblée nationale sous Alpha Condé. Alors que son état de santé continue de se détériorer, la justice maintient son emprise sur lui, alimentant davantage le débat sur l’objectivité et l’indépendance de cette institution censée incarner la lutte contre la corruption.

Mais cette décision relève-t-elle d’une réelle quête de justice ou d’une vengeance politique soigneusement orchestrée ?

CRIEF : Une justice indépendante ou un outil de règlements de comptes ?

Depuis sa création sous le CNRD, la CRIEF s’est donnée pour mission d’épurer la gestion publique en poursuivant les anciens dignitaires accusés de malversations financières. Sur le papier, l’initiative semblait louable.

Mais dans les faits, cette institution s’est vite transformée en un tribunal politique, dont les cibles sont soigneusement choisies :

Amadou Damaro Camara est-il poursuivi parce qu’il est un symbole de l’ancien régime corrompu, ou simplement parce qu’il est un pion à neutraliser dans le jeu politique du CNRD ?

Un acharnement judiciaire sur fond de souffrance humaine

L’ex-président de l’Assemblée nationale est visiblement dans un état de santé préoccupant. Plusieurs sources indiquent qu’il nécessite des soins appropriés, mais ses demandes d’évacuation médicale ont été refusées.

Faut-il rappeler que :

Cet acharnement judiciaire ressemble de plus en plus à une vengeance déguisée en justice.

À ce rythme, la CRIEF risque de se transformer en une chambre d’exécution politique, où l’objectif n’est pas de rendre justice, mais d’éliminer des figures encombrantes sous prétexte de moralisation de la vie publique.

Une justice à deux vitesses

Le plus inquiétant dans cette affaire, c’est le contraste flagrant entre la sévérité dont fait preuve la CRIEF contre certains et l’impunité totale accordée à d’autres.

Cette justice sélective n’a rien d’une lutte contre la corruption. Elle ressemble davantage à un instrument de contrôle politique, où on condamne les anciens pour couvrir les nouveaux prédateurs.

Juger tout le monde ou personne : le dilemme du CNRD

Si la transition veut réellement prouver son sérieux en matière de justice et de gouvernance, alors elle doit juger tout le monde avec la même rigueur, y compris :

Sinon, la CRIEF ne sera qu’un instrument de plus pour légitimer une chasse aux sorcières et asseoir la domination du CNRD sur la scène politique guinéenne.

Damaro Camara, un symbole ?

Amadou Damaro Camara a longtemps été un pilier du système Condé, défendant avec force le troisième mandat et justifiant la répression contre les opposants.

Aujourd’hui, il subit la même machine répressive qu’il a contribué à installer.

Mais si son cas révèle les contradictions du système, il ne doit pas faire oublier une chose essentielle :

Un État qui pratique une justice à géométrie variable finit toujours par tomber dans l’arbitraire.

Et l’arbitraire n’épargne personne, même ceux qui le soutiennent aujourd’hui.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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