Affaire Chérif Bah : la CRIEF rouvre un dossier enterré, mais ferme les yeux sur les scandales actuels
L’affaire semblait définitivement classée, mais voilà que le dossier du détournement présumé de 10 millions de dollars impliquant Chérif Bah refait surface, encore une fois. Cette réouverture soulève une question cruciale : s’agit-il réellement d’une quête de justice ou d’un écran de fumée pour masquer d’autres affaires plus gênantes pour le régime actuel ?
Alors que la CRIEF s’acharne sur un dossier vieux de plus de 25 ans, les affaires récentes, comme le scandale EBOMAF et ses plus de 100 millions de dollars, sont discrètement reléguées aux oubliettes.
Un dossier qui traverse tous les régimes
L’histoire de cette affaire est digne d’un feuilleton judiciaire sans fin :
- Sous le CNDD de Moussa Dadis Camara, Chérif Bah avait déjà été convoqué pour s’expliquer sur ces 10 millions de dollars. Conclusion : les fonds avaient servi à des opérations militaires relevant du secret-défense.
- Sous la transition de Jean-Marie Doré et Sékouba Konaté, nouvelle tentative d’enquête… suivie d’un nouveau classement.
- Sous Alpha Condé, rebelote : le dossier est rouvert, puis refermé après confirmation de son usage dans l’achat d’armes et d’équipements militaires.
Si tous ces régimes ont fini par abandonner les poursuites après avoir constaté l’usage de ces fonds, pourquoi la junte actuelle décide-t-elle soudainement de le ressortir ?
Un acharnement judiciaire ou un écran de fumée ?
Ce qui frappe dans cette affaire, ce n’est pas seulement le recyclage d’un vieux dossier, mais surtout le timing et les priorités sélectives de la CRIEF.
- Pourquoi rouvrir une affaire vieille de 25 ans alors que les détournements sous la transition actuelle ne font l’objet d’aucune enquête ?
- Pourquoi la CRIEF s’acharne-t-elle sur un ancien gouverneur de la BCRG alors qu’elle ignore des scandales financiers bien plus récents et plus lourds ?
- Faut-il y voir une diversion destinée à redorer une « lutte contre la corruption » qui perd en crédibilité ?
Un précédent qui pourrait se retourner contre le CNRD
En remettant cette affaire sur la table, la junte prend un risque qu’elle semble ignorer.
Si le secret-défense n’est plus un argument valable pour clore un dossier de 10 millions de dollars sous Lansana Conté, alors qu’en est-il des dépenses non budgétisées du CNRD pour l’achat d’armes et de blindés ?
La CRIEF va-t-elle demain convoquer les actuels dirigeants pour exiger des comptes sur leurs propres fonds secrets ?
Une justice à géométrie variable
Cette affaire illustre une nouvelle fois la sélectivité de la lutte contre la corruption en Guinée.
- D’un côté, on exhume des dossiers anciens pour occuper l’opinion publique.
- De l’autre, on ferme les yeux sur les détournements contemporains qui profitent aux proches du pouvoir.
Si cette « résurgence judiciaire » vise réellement à faire la lumière sur l’usage des fonds publics, alors qu’attend la CRIEF pour enquêter sur les milliards dépensés par le CNRD hors du budget national ?
Jusqu’à preuve du contraire, ce dossier ressemble davantage à un outil politique qu’à une quête sincère de justice.
— conakrylemag


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