Aliou Bah en appel : quand la junte veut casser du démocrate, mais trébuche sur la détermination
Le procès en appel d’Aliou Bah, président du MoDeL (Mouvement Démocratique Libéral), s’ouvre dans un contexte d’asphyxie politique totale orchestrée par le régime militaire guinéen. Après une condamnation aux relents de vengeance, l’opposant redresse la tête : la défense affûte ses armes, bien décidée à en découdre avec cette justice aux ordres, cette parodie de tribunaux qui s’acharnent méthodiquement sur quiconque ose encore prononcer le mot “démocratie” à haute voix.
Aliou Bah n’est pas juste un homme sur le banc des accusés. Il est le symbole d’une génération qui refuse de se taire, même face aux menaces, aux cellules, et aux décisions judiciaires cousues de fil militaire. Son appel est bien plus qu’une procédure légale : c’est un bras d’honneur au système de persécution mis en place par la junte, et un test grandeur nature pour ce qui reste de l’État de droit dans ce pays en dérive autoritaire.
Aliou Bah, cible désignée d’un régime qui ne tolère aucune voix libre
Depuis l’arrivée au pouvoir du CNRD, la justice guinéenne a troqué sa toge pour l’uniforme. Chaque tribunal est désormais un champ de bataille, chaque procès une mise en scène où le verdict est souvent écrit d’avance, surtout quand l’accusé porte un nom qui dérange.
Aliou Bah dérange. Parce qu’il est jeune, structuré, audible, et qu’il incarne un leadership politique sans compromission, chose devenue rare dans un paysage guinéen en ruine. Son engagement assumé, ses prises de position fermes, ses critiques acerbes mais argumentées du pouvoir militaire… tout cela l’a naturellement transformé en cible.
Et le régime Doumbouya, fidèle à sa stratégie de la peur, l’a traîné en justice comme on cogne un message qui fait trop de bruit. En première instance, la machine judiciaire n’a pas failli : condamnation expéditive, procédure biaisée, objectif clair – l’éliminer du jeu politique.
Un appel comme acte de résistance, pas de soumission
Mais Aliou Bah n’a pas flanché. Il a relevé la tête. Et aujourd’hui, il revient à la charge, non pas pour mendier une indulgence, mais pour démontrer que lui et son camp n’ont ni peur, ni honte, ni intention de reculer.
Sa défense s’organise. Elle ne se contente pas de plaider sur le fond juridique – elle veut démasquer la logique politique derrière la condamnation. Montrer que ce procès n’est rien d’autre qu’un règlement de compte. Prouver, pièce à conviction après pièce, que la Guinée n’est pas un État de droit, mais un État de vengeance.
Une justice guinéenne en mode “débarras”
Depuis trois ans, la justice guinéenne est devenue le service de nettoyage de la junte. Elle se charge d’éliminer les opposants encombrants, les activistes trop bruyants, les journalistes trop curieux, les partis trop populaires. On ne discute plus, on condamne. On ne débat plus, on incarcère. Le juge n’est plus là pour trancher, mais pour exécuter les désirs d’un pouvoir politique obsédé par le contrôle.
Et dans cette mécanique bien huilée, Aliou Bah était une cible toute désignée. Pas assez compromettant pour justifier une dissolution brutale. Mais trop influent pour être laissé libre. Alors on le judiciarise, on le neutralise, en espérant qu’il se taise. Mauvais calcul.
Le CNRD craint ce qu’Aliou Bah incarne
La peur du régime n’est pas liée à ce qu’Aliou Bah a fait. Elle est liée à ce qu’il incarne : une alternative. Une voix structurée, progressiste, crédible, et surtout indépendante. Dans un pays où les opposants sont souvent soit achetés, soit cassés, lui continue à tracer sa route. Et ça, la junte ne le supporte pas.
L’appel du MoDeL n’est donc pas un simple recours procédural. C’est un cri politique, une réaffirmation de la légitimité à exister, à résister, à aspirer au pouvoir sans passer par les armes. C’est un affront aux militaires qui croient que le silence politique est synonyme de paix sociale.
Un message pour les autres : ne pas baisser la tête
Ce procès est aussi un miroir tendu aux autres partis, aux autres leaders, à cette opposition dispersée et intimidée. Aliou Bah, en appel, porte sur ses épaules bien plus que son propre sort. Il porte celui de tous ceux qui n’osent plus parler, de ceux qui se taisent par peur, de ceux qui attendent la fin de la tempête, les bras croisés.
Il leur dit par son attitude : il faut affronter la tempête. Même seul. Même face à l’injustice. Même quand le système est truqué. Car ne pas le faire, c’est accepter que le régime fixe les règles du jeu… et du silence.
Un procès pour un homme, un signal pour une nation
L’appel d’Aliou Bah n’est pas celui d’un accusé classique. C’est le procès de tout un régime, de toute une logique de terreur institutionnalisée. Si la justice guinéenne veut se donner une dernière chance de sauver la face, qu’elle rende un verdict équitable. Sinon, elle aura simplement validé ce que tout le monde sait déjà : en Guinée, on ne juge pas pour des faits, on juge pour des idées.
Mais quoi qu’il arrive, Aliou Bah sortira de ce procès plus fort. Parce qu’il aura résisté. Parce qu’il aura refusé le silence. Parce qu’il aura transformé sa condamnation en tribune. Et parce qu’il prouve, une fois de plus, que dans cette Guinée malade de ses dirigeants, il existe encore des hommes debout.
— conakrylemag


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