ARSJPA : le régulateur des jeux fait la morale… en vivant des paris

ARSJPA : le régulateur des jeux fait la morale… en vivant des paris

La situation a de quoi faire sourire. Mamoudou Cissé, directeur général de l’Autorité de régulation du secteur des jeux et pratiques assimilées (ARSJPA), a lancé une campagne pour alerter sur les dangers des jeux de hasard, tout en dirigeant une institution qui vit justement de ces mêmes jeux.

Un peu comme si un fabricant de cigarettes militait contre le tabac, ou qu’un boucher devenait le porte-étendard du véganisme.

Un paradoxe qui frôle le ridicule

Face à l’essor des jeux en ligne, qui attirent de plus en plus de jeunes, y compris des mineurs, Mamoudou Cissé veut mettre en garde contre l’illusion de la richesse facile. Il martèle :

“Les jeux de hasard ne sont pas synonymes de réussite dans la vie.”

Une vérité indiscutable. Mais une vérité qui entre en contradiction avec l’existence même de l’ARSJPA, dont le financement et la raison d’être reposent précisément sur ces jeux.

En clair, le régulateur veut sauver les citoyens d’un piège dont il tire lui-même ses revenus.

L’illusion d’une sensibilisation efficace

Mamoudou Cissé affirme avoir donné “des consignes aux sociétés de jeux de ne jamais permettre aux mineurs de jouer”.

Qui peut croire à cette injonction, quand on sait que ces mêmes sociétés basent leur rentabilité sur l’addiction et l’illusion du gain rapide ? Autant demander aux casinos d’empêcher les joueurs compulsifs de revenir…

Pendant ce temps, les vrais acteurs légitimes de cette lutte, comme le ministère des Sports et de la Jeunesse, sont aux abonnés absents. Pourquoi l’ARSJPA se charge-t-elle d’une mission qui dépasse largement son cadre ?

Un double jeu qui brouille les pistes

L’ARSJPA joue ici sur deux tableaux. D’un côté, elle se positionne comme un régulateur responsable, soucieux de protéger les jeunes. De l’autre, elle continue de profiter des revenus générés par ces mêmes paris, y compris les plus excessifs.

Ce paradoxe rappelle ces grands groupes d’alcool et de tabac, contraints d’afficher “L’abus est dangereux pour la santé”, tout en sachant que ces avertissements attirent parfois plus qu’ils ne dissuadent.

Alors, faut-il vraiment croire à la sincérité de cette campagne ? Ou n’est-ce qu’un écran de fumée pour donner une illusion de responsabilité, tout en continuant à engranger des bénéfices ?

Une chose est sûre : les paris sont ouverts sur l’échec programmé de cette opération.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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