Bah Oury a troqué son costume d’opposant pour celui de serviteur docile du régime.

Le peuple attend des actes, pas des justifications

Bah Oury et son « réalisme politique » : habillage intellectuel d’une soumission assumée

Le dernier éloge du « réalisme politique » de Bah Oury publié sur Guinée7 est un chef-d’œuvre de rhétorique au service d’un opportunisme politique à peine voilé. Derrière les grandes phrases sur la « refondation », le « dialogue » et la « stabilité », la réalité est bien plus simple : Bah Oury a troqué son costume d’opposant pour celui de serviteur docile du régime.

On peut appeler ça du « réalisme », mais soyons honnêtes : c’est avant tout une justification maladroite d’un ralliement pur et simple à la junte.

De l’opposant intransigeant au Premier ministre conciliant

Il fut un temps où Bah Oury dénonçait avec force les dérives du pouvoir, où il fustigeait les fraudes électorales, la répression et la confiscation du pouvoir. Mais depuis qu’il est installé confortablement à la Primature par le CNRD, il a découvert les vertus de la patience, du compromis… et surtout du silence.

Ce même Bah Oury qui se présentait naguère comme un défenseur intransigeant de la démocratie est aujourd’hui celui qui justifie les lenteurs de la transition et appelle à ne pas brusquer les choses.

Ce n’est pas du réalisme, c’est du renoncement maquillé en pragmatisme.

Une transition interminable… et parfaitement assumée

Les tenants du pouvoir l’ont bien compris : rien ne sert de brutaliser l’opposition quand on peut l’intégrer et la neutraliser de l’intérieur. Bah Oury est l’exemple parfait de cette stratégie.

Résultat : les militaires continuent de régner sans partage, pendant que Bah Oury meuble le silence par des discours bien rodés sur la nécessité de « prendre son temps ».

Le peuple attend des actes, pas des justifications

Les Guinéens ne sont pas dupes. Ils voient bien que les promesses de la transition sont en train de virer à la mascarade.

Bah Oury peut bien vanter son « réalisme », mais ce que le peuple attend, ce sont des actes concrets. Or, jusqu’à présent, son « pragmatisme » a surtout servi à cautionner l’immobilisme du CNRD.

Le réalisme politique ou l’art de justifier l’inacceptable ?

Si être réaliste signifie accompagner une junte qui retarde volontairement la transition, alors oui, Bah Oury est « réaliste ». Mais dans l’histoire politique guinéenne, les opportunistes sont toujours rattrapés par leurs contradictions.

Un jour ou l’autre, les élections auront lieu, et la junte devra partir. Ce jour-là, Bah Oury devra répondre d’un choix simple : aura-t-il été l’homme du compromis utile ou celui de la compromission facile ?

Pour l’instant, tout laisse à penser qu’il est en train de choisir le mauvais camp.

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