Dadis gracié : quand les massacres s’effacent d’un trait de plume présidentielle
C’est officiel : Moussa Dadis Camara, ex-chef de la junte et principal accusé dans le massacre du 28 septembre 2009, a bénéficié d’une grâce présidentielle. Oui, une grâce, pas une erreur judiciaire, pas une réhabilitation fondée sur des preuves, juste une signature, en haut d’un papier, pour effacer d’un coup d’encre le sang de plus de 150 Guinéens tués au stade.
Bienvenue en Guinée, où le pardon d’État est plus fort que la justice des victimes. Où l’on gracie les bourreaux pendant que les familles pleurent encore leurs morts. Où l’impunité ne recule jamais, elle monte les marches du palais, sous escorte officielle.
Le massacre du 28 septembre ? Oublié. Classé. Rayé.
Ce 28 septembre 2009, l’armée guinéenne ouvrait le feu sur des manifestants pacifiques, réunis pour dire non à la présidence de Dadis. Bilan : au moins 157 morts, plus de 100 femmes violées, des dizaines de disparus, des charniers à ciel ouvert.
Un traumatisme national.
Un crime documenté, dénoncé, porté devant la justice internationale.
Et pourtant, aujourd’hui, le principal accusé est gracié. Non pas parce qu’il a purgé sa peine. Non pas parce qu’il a été blanchi. Mais parce qu’il a des amis au bon endroit. Parce que dans la Guinée du CNRD, la loyauté entre frères d’armes vaut plus que les vies humaines.
Une grâce qui salit tout, sauf le criminel
Une grâce présidentielle, c’est un acte fort. Un acte rare. Un acte solennel.
Ici, c’est un doigt d’honneur aux victimes. Un crachat sur leurs tombes.
C’est la confirmation que la justice guinéenne n’est qu’un théâtre, un décor vide, et que les procès à grand spectacle ne sont là que pour endormir l’opinion.
Dadis n’a pas été jugé jusqu’au bout. Il n’a pas purgé sa peine. Il n’a exprimé aucun regret. Il est juste gracié, comme on offre une promotion à un ami.
Le CNRD protège ses semblables, pas la mémoire collective
Mamadi Doumbouya, en signant cette grâce, n’a pas seulement blanchi un homme. Il a trahi toutes les familles des victimes. Il a transformé le procès historique du 28 septembre en blague judiciaire. Il a montré que la fraternité entre militaires vaut plus que la justice du peuple.
Ce régime, qui se prétendait porteur de rupture, est aujourd’hui le garant de l’impunité la plus arrogante.
- On gracie un putschiste.
- On enterre les martyrs.
- On légitime les bourreaux.
Et après, on parle de transition ? De refondation ? De justice pour tous ? Quelle farce. Quelle honte.
Pendant ce temps, les prisonniers politiques croupissent en cellule
Aliou Bah ? Toujours détenu pour avoir osé parler.
Des journalistes, activistes, opposants ? Menacés, arrêtés, traînés en justice.
Mais les chefs de junte, eux, sont graciés.
Les assassins présumés retrouvent leur liberté.
Les criminels en treillis sont réhabilités.
Voilà la Guinée de 2025. Un pays où l’on punit la parole et où l’on récompense les crimes d’État.
Dadis gracié. Et les morts ?
Qui gracie les mères qui pleurent encore leur fils assassiné ? Qui gracie les femmes violées au stade ?
Qui gracie les enfants qui n’ont plus de père ? Personne.
Mais Dadis, lui, dort libre ce soir. Grâce à son “frère” de 2021. Entre militaires, on ne se juge pas. On se protège.
Et pendant que le peuple encaisse une trahison de plus,la Guinée enterre la justice, pour de bon.
Avec, en guise d’épitaphe : “Gracié par le pouvoir, effacé de l’Histoire.”
— conakrylemag


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