Doumbouya félicite Bah Oury… et lui rappelle qui commande
Le Général Doumbouya vient de féliciter Bah Oury et son gouvernement, tout en leur demandant « plus de rigueur ». Une tape sur l’épaule suivie d’un avertissement à peine voilé. Derrière cette mise en scène, un message limpide : le pouvoir, c’est lui. Bah Oury et ses ministres ne sont que des exécutants sous surveillance.
Un satisfecit sous conditions
Quand un chef militaire félicite un Premier ministre civil, ce n’est jamais un signe d’indépendance retrouvée, mais une manière de rappeler qui tient la laisse. En politique, les félicitations ne sont jamais gratuites. Elles servent à fixer un cadre, à poser des limites. Et ici, la limite est claire : Bah Oury peut gouverner… tant qu’il reste dans les clous fixés par la junte.
L’injonction à « plus de rigueur » n’est pas anodine non plus. C’est un message codé. Doumbouya exige que Bah Oury et son équipe exécutent les directives sans broncher, sans états d’âme et surtout sans chercher à faire de vagues.
Un gouvernement sous tutelle
Depuis sa nomination, Bah Oury tente de donner des gages d’ouverture et de réforme. Mais peut-il réellement gouverner ? La réponse est dans ce genre de déclarations paternalistes de Doumbouya. Il peut agir… dans les limites du périmètre que la junte lui concède.
Ce gouvernement n’a aucune marge de manœuvre réelle. Chaque décision, chaque initiative passe par le filtre du CNRD. Le Premier ministre et ses ministres ne sont que des fusibles. En cas d’échec, ils sauteront. En cas de succès, le mérite reviendra à Doumbouya.
La vraie question : jusqu’à quand ?
Jusqu’ici, Bah Oury joue le jeu, acceptant ce rôle hybride de technicien sous tutelle militaire. Mais combien de temps tiendra-t-il avant de comprendre qu’il est plus un alibi qu’un décideur ?
Et surtout, combien de temps les Guinéens accepteront-ils cette comédie où le chef de la transition félicite ses subalternes comme un directeur d’école encourageant ses élèves appliqués ?
La Guinée a besoin d’un gouvernement responsable, pas d’un exécutif sous perfusion militaire. Mais pour l’instant, Bah Oury et ses ministres doivent se contenter d’une médaille en chocolat et d’un ordre du jour dicté par la grande muette.
— conakrylemag


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