Enlèvement d’Abdoul Sacko : le gouvernement brise enfin le silence… pour noyer le poisson
Après plusieurs jours de silence assourdissant, le gouvernement guinéen a enfin réagi à l’enlèvement brutal d’Abdoul Sacko, figure active de la société civile et coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée. Mais plutôt que d’apporter des explications claires et des garanties sur son engagement à protéger les droits fondamentaux, la réponse officielle ressemble à une tentative maladroite de diversion, visant à minimiser la gravité des faits et éviter toute remise en question du régime.
La vraie question est donc la suivante : le CNRD va-t-il réellement chercher les coupables ou se contentera-t-il de gagner du temps en espérant que l’affaire se tasse ?
Un kidnapping qui en dit long sur l’état du pays
L’enlèvement d’Abdoul Sacko n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires et l’intimidation des voix dissidentes se multiplient, instaurant un climat de peur qui rappelle les pires années de répression en Guinée.
Les faits sont troublants :
- Abdoul Sacko a été enlevé en pleine nuit par des hommes armés, sans mandat, sans convocation officielle.
- Il a été retrouvé en état critique, torturé et abandonné en brousse.
- Les autorités ont gardé le silence pendant plusieurs jours, laissant planer le doute sur leur implication directe ou indirecte.
Si l’État n’est pas responsable, alors comment peut-il justifier son incapacité à garantir la sécurité des citoyens ?
Une réaction tardive et peu convaincante
Face à l’indignation grandissante, le gouvernement n’avait plus d’autre choix que de réagir. Mais sa déclaration manque cruellement de clarté et de fermeté.
- Aucune annonce d’enquête sérieuse pour identifier et traduire les coupables en justice.
- Aucune condamnation ferme de cet acte barbare.
- Aucune garantie que de tels enlèvements ne se reproduiront pas.
Ce silence complice confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà : le CNRD, au lieu de garantir les libertés, devient un acteur majeur de la répression.
La stratégie du régime : faire peur et réduire toute contestation au silence
L’objectif de ces enlèvements est clair : faire taire les voix qui dénoncent les dérives de la transition.
- Les activistes sont pris pour cibles afin de dissuader toute mobilisation sociale.
- Les journalistes et blogueurs sont traqués pour éviter la propagation d’informations dérangeantes.
- L’opposition est bâillonnée, sous menace permanente de poursuites judiciaires ou d’arrestations arbitraires.
La transition guinéenne, qui prétendait restaurer la démocratie et l’État de droit, est aujourd’hui synonyme de peur, de censure et de violations systématiques des droits humains.
Le peuple laissera-t-il passer cette nouvelle dérive ?
Si le gouvernement pense que les Guinéens vont se contenter de cette réponse molle, il se trompe lourdement. L’indignation est grande, et l’opinion publique ne se laissera pas manipuler aussi facilement.
- Les organisations de la société civile exigent des comptes.
- Les partenaires internationaux commencent à exprimer leurs préoccupations.
- Les citoyens, eux, observent et attendent… mais jusqu’à quand ?
Le CNRD est à un tournant : soit il se ressaisit en mettant fin aux enlèvements politiques et en garantissant un minimum de transparence et de justice, soit il continue sa dérive autoritaire, au risque de provoquer une explosion sociale qu’il ne pourra plus contrôler.
Mais une chose est sûre : l’histoire retiendra que sous Mamadi Doumbouya, la Guinée a renoué avec les méthodes sombres des régimes dictatoriaux.
— conakrylemag


UFDG : un plan « B » pour reconduire à sa tête son leader historique, Cellou Dalein Diallo.
Guinée : On rêvait de Rawlings, on se réveille avec Doum-Biya
Guinée : Quand les Gardiens de la Liberté Deviennent les Architectes de la Censure
Avis de recrutement : le site d’informations conakrylemag.com recherche 1 journaliste/reporter!
4. Service de traduction en ligne
Pourquoi le bâtonnier s’acharne t’il contre des magistrats est-ce pour régler des comptes ?
Repoussées d’une semaine, les élections législatives et communales auront lieu fin mai 2026
Les gouvernements passent et se ressemblent (Par Tibou Kamara)
Nouvelle équipe gouvernementale