Guinée : Les Forces Vives Déclenchent une Mobilisation Nationale à Partir du 5 Septembre

Guinée : Les Forces Vives Déclenchent une Mobilisation Nationale à Partir du 5 Septembre

À 10:45 AM CEST ce lundi 11 août 2025, une nouvelle vague de tension politique secoue la Guinée après l’annonce des Forces Vives, réunies en conclave virtuel ce dimanche 10 août. Cette coalition, composée de partis politiques et de représentants de la société civile, a décidé d’organiser des manifestations à compter du 5 septembre, marquant le quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) sous la direction du général Mamadi Doumbouya.

Cette mobilisation, prévue sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, vise à s’opposer à ce que les Forces Vives qualifient de « confiscation du pouvoir » par la junte. Alors que le gouvernement poursuit sa campagne de vulgarisation du projet constitutionnel en vue du référendum du 21 septembre, cette annonce ravive les tensions dans un pays où les manifestations sont interdites depuis mai 2022.

Une résolution unanime contre la dérive autoritaire

La décision, formalisée dans une déclaration publiée tard dimanche soir par le Bloc des Forces Vives, reflète une détermination croissante à défier les autorités de transition. Les organisateurs entendent marquer leur rejet de toute initiative susceptible de légitimer ce qu’ils perçoivent comme une « dérive autoritaire et illégale ». Ils réaffirment leur engagement à protéger, « quoi qu’il en coûte », le droit des Guinéens à choisir librement leurs dirigeants, en s’appuyant sur les principes de la charte de transition de 2021, qui promettait un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Cette mobilisation s’étendra au-delà des frontières guinéennes, avec des actions prévues dans les communautés de la diaspora, amplifiant ainsi la pression internationale sur le CNRD. L’objectif est clair : transformer le 5 septembre, date symbolique du coup d’État, en un jour de protestation nationale pour exiger des élections transparentes et un calendrier clair, deux points sur lesquels la junte reste critiquée.

Un contexte de restrictions et de tensions

Depuis mai 2022, les manifestations sont officiellement interdites en Guinée, une mesure imposée par le CNRD pour maintenir l’ordre public après des épisodes de violences ayant fait plusieurs victimes. Cette interdiction, régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains, rend l’annonce des Forces Vives particulièrement audacieuse. Les autorités, qui ont déjà réprimé des rassemblements par le passé, pourraient répondre par une mobilisation sécuritaire accrue, risquant d’attiser les tensions.

Cette décision intervient alors que le gouvernement intensifie sa campagne pour le référendum constitutionnel du 21 septembre, convoqué par Mamadi Doumbouya le 4 août. Ce scrutin vise à adopter une nouvelle Constitution, perçue par l’opposition comme une tentative de la junte de se maintenir au pouvoir, notamment en ne fermant pas la porte à une candidature du général. Les Forces Vives, qui ont boycotté les consultations sur ce projet, voient dans cette consultation un outil pour légitimer une transition prolongée, contredisant les promesses initiales.

Une opposition déterminée face à un référendum controversé

Le référendum du 21 septembre, qui doit entériner une Constitution avec un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une fois, est au cœur des divergences. Les Forces Vives dénoncent l’absence d’inclusivité dans le processus, notamment l’exclusion de figures comme Cellou Dalein Diallo, leader de l’UFDG, du recensement biométrique. Elles craignent que ce scrutin ne serve qu’à consolider le pouvoir de Doumbouya, malgré les assurances du Premier ministre Amadou Oury Bah, qui a récemment laissé planer le doute sur les intentions du chef de la junte.

La mobilisation du 5 septembre pourrait ainsi devenir un test de force. Si les manifestations réussissent à rassembler massivement, elles pourraient contraindre le CNRD à revoir sa stratégie. À l’inverse, une répression brutale risquerait d’isoler davantage la junte sur la scène internationale, où la CEDEAO et des partenaires comme la France surveillent l’évolution de la situation.

Perspectives et enjeux

À moins de quatre semaines du référendum, la Guinée entre dans une période décisive. Les manifestations prévues pourraient galvaniser l’opposition et la société civile, mais elles s’exposent aussi à des risques sécuritaires importants. Les Forces Vives, bien qu’unies dans leur rejet de la junte, devront surmonter leurs divisions internes pour coordonner une action efficace, surtout face à un CNRD qui contrôle les forces de l’ordre.

Pour les citoyens guinéens, ce mouvement représente un espoir de reprendre la parole, après des années marquées par l’instabilité et les restrictions. À l’étranger, les actions de la diaspora pourraient attirer l’attention d’organisations internationales, renforçant les appels à un retour à la démocratie. Cependant, le succès de cette initiative dépendra de la capacité des organisateurs à mobiliser sans provoquer une escalade violente.

Une date symbolique qui pourrait tout changer

Le 5 septembre 2025 s’annonce comme un jour charnière pour la Guinée. En choisissant cette date anniversaire, les Forces Vives entendent rappeler au CNRD ses engagements initiaux et exiger un calendrier électoral crédible. Alors que le référendum approche, cette mobilisation pourrait soit ouvrir la voie à un dialogue, soit précipiter une crise plus profonde. Dans un pays divisé mais résilient, l’avenir politique se joue dans les rues de Conakry et au-delà, avec l’espoir que la voix du peuple finisse par être entendue. À suivre de près dans les jours à venir !

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