Dans un contexte politique guinéen marqué par l’incertitude et la complexité, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) se trouve à un carrefour critique. Lors de leur assemblée générale tenue ce samedi 11 novembre, sous la houlette de l’ancien député de Labé, Cellou Baldé, un lieutenant clé de Cellou Dalein Diallo, un discours poignant a été prononcé, jetant une lumière crue sur la gestion de la transition par la junte militaire et les impératifs entourant l’organisation des futures élections.
La position de l’UFDG est on ne peut plus claire : le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation ne doit pas être laissé aux commandes du processus électoral. Cette prise de position, loin d’être anodine, soulève des questions fondamentales quant à l’avenir de la démocratie en Guinée.
Baldé a fait état d’une série de manquements graves dans la préparation des élections, notamment l’absence d’un avant-projet de fichier électoral, de loi électorale, et cruciallement, l’absence d’un organe indépendant de gestion des élections. Cette situation, à 25 mois de transition, interroge profondément sur la volonté réelle des autorités de transition de restaurer un ordre constitutionnel.
Quant au fichier électoral, Baldé défie les experts du CNRD d’apporter la preuve que les méthodes actuelles, telles que le RAVEC, peuvent conduire à des élections crédibles avant la fin de 2024. L’UFDG rejette catégoriquement l’idée que le ministère de l’administration du territoire puisse organiser des élections équitables, mettant en lumière une défiance profonde envers les structures en place.
Ces déclarations amènent à s’interroger sur plusieurs aspects clés de la stratégie de l’UFDG dans ce climat politique tendu :
- Comment l’UFDG envisage-t-elle de participer aux élections sans la collaboration du Ministère de l’administration du territoire, et quels moyens compte-t-elle mobiliser pour affronter ce défi ?
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Dans ce contexte, ne serait-il pas judicieux pour l’UFDG d’orchestrer le retour de leur leader, Cellou Dalein Diallo, afin de renforcer leur position ?
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Face aux signes avant-coureurs d’un potentiel désir du CNRD de prolonger son pouvoir, quelle tactique l’UFDG devrait-elle adopter ? Leur position actuelle, pourrait-elle involontairement favoriser les ambitions de ceux qui souhaitent étendre le mandat du colonel Doumbouya, ou est-ce une démarche nécessaire pour réclamer une transition réellement démocratique ?
Ces questions, essentielles et pressantes, détermineront non seulement l’avenir de l’UFDG, mais aussi celui de la démocratie en Guinée. Dans cette période de transition, les décisions prises aujourd’hui façonneront le paysage politique de demain.
Dramé Ibrahima pour conakrylemag.com
— conakrylemag


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