Une formation inédite pour renforcer la sécurité des déplacements officiels
Conakry, le 14 juin 2026 – Plus de cinquante conducteurs travaillant pour différents ministères et institutions guinéennes, dont la Primature, ont officiellement reçu leurs attestations ce samedi après cinq jours d’une formation intensive en sécurité routière. Organisée par le Secrétariat général du Gouvernement (SGG) avec l’appui d’experts en prévention des risques, cette initiative vise à professionnaliser un maillon souvent sous-estimé de l’administration : les chauffeurs chargés de transporter les plus hautes autorités du pays.
Des compétences essentielles pour un rôle à haut risque
« Conduire un ministre, un Premier ministre ou le Président de la République, c’est détenir entre ses mains une part importante de la sécurité de l’État. » Ces mots du ministre secrétaire général du Gouvernement, Benoît Kamano, résument l’enjeu de cette formation. Lors de la cérémonie de clôture, il a souligné le caractère stratégique de ces agents, souvent invisibles mais indispensables au bon fonctionnement des institutions. « Ils ne se contentent pas de conduire : ils protègent, anticipent les risques et garantissent la fluidité des déplacements officiels », a-t-il précisé.
Pour répondre à ces exigences, les modules enseignés ont couvert un large éventail de compétences. Au programme : conduite défensive, gestion des convois officiels, protocoles de sécurité, respect du Code de la route, mais aussi discrétion professionnelle et entretien des véhicules. « Un chauffeur d’autorité doit incarner le professionnalisme à tous les niveaux, de sa tenue vestimentaire à son comportement au volant », a expliqué Diao Diallo, représentant de l’Agence guinéenne de sécurité routière (AGUISER).
Un enjeu national : réduire les accidents de la route
La Guinée fait face à une hausse alarmante des accidents de la circulation, avec des conséquences humaines et matérielles dramatiques. Selon le commissaire principal Robert Tamba Kamano, directeur central de la Police routière, le manque de formation des conducteurs figure parmi les causes majeures de cette situation. « Trop souvent, les drames routiers pourraient être évités avec une meilleure préparation des chauffeurs. Cette formation est un pas dans la bonne direction, mais il faut aller plus loin et généraliser ces initiatives », a-t-il plaidé.
Les participants ont été sensibilisés aux facteurs de risque spécifiques aux routes guinéennes, comme les conditions climatiques difficiles ou les comportements imprévisibles des autres usagers. Mamadou Fofana, formateur spécialisé en management de la sécurité routière, a salué l’engagement des conducteurs, dont certains cumulent plus de quarante ans d’expérience. « Ils ont montré une réelle volonté d’apprendre et de s’adapter aux nouvelles méthodes. Leur rôle dépasse désormais la simple conduite : ils deviennent des acteurs clés de la prévention », a-t-il déclaré.
Une première étape vers une professionnalisation durable
Pour Ousmane Condé, chauffeur à la Primature et porte-parole des participants, cette formation marque un tournant dans leur carrière. « Nous avons acquis des connaissances précieuses qui vont nous permettre d’exercer notre métier avec plus de rigueur et de confiance. Notre objectif est désormais de servir d’exemple aux autres conducteurs », a-t-il affirmé. Une ambition partagée par les autorités, qui envisagent de pérenniser ces programmes en collaboration avec le Garage du Gouvernement, le ministère des Transports et celui de la Sécurité.
Benoît Kamano a d’ailleurs annoncé que cette session n’était qu’un début. « Le Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, a soutenu cette initiative en libérant les agents pour une semaine entière. Nous allons poursuivre dans cette voie pour faire des chauffeurs de l’État des modèles de professionnalisme », a-t-il assuré. À terme, l’objectif est de créer une génération de conducteurs mieux formés, capables de répondre aux défis sécuritaires et logistiques des déplacements officiels.
Au-delà de la conduite : un rôle clé pour l’image de l’État
Les chauffeurs gouvernementaux ne sont pas de simples employés : ils incarnent, aux yeux du public, l’efficacité et le sérieux de l’administration. Leur comportement sur la route, leur discrétion et leur professionnalisme contribuent directement à la perception des institutions. « Un convoi officiel mal géré ou un chauffeur négligent peut nuire à l’image de l’État. À l’inverse, des conducteurs exemplaires renforcent la crédibilité des autorités », souligne un observateur du secteur.
Cette formation s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de l’administration guinéenne. En investissant dans les compétences de ses agents, le gouvernement envoie un signal fort : la sécurité et le professionnalisme sont des priorités, y compris pour les métiers souvent considérés comme secondaires. Une approche qui pourrait inspirer d’autres secteurs, où la formation continue reste encore trop rare.
Alors que les accidents de la route continuent de faire des victimes en Guinée, cette initiative rappelle que la prévention passe aussi par des actions ciblées. En formant ses chauffeurs, l’État ne protège pas seulement ses dirigeants : il montre la voie vers une culture de la sécurité routière plus exigeante, pour tous les usagers.
— conakrylemag


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