Guinée : Torturer un avocat, puis le jeter dans la brousse – jusqu’où ira le CNRD ?

Guinée : Torturer un avocat, puis le jeter dans la brousse – jusqu’où ira le CNRD ?

Il était avocat. Il est désormais rescapé d’un régime barbare. Me Mohamed Traoré, figure respectée du barreau, conscience morale d’une transition trahie, a été enlevé, torturé, humilié, avant d’être abandonné comme un colis encombrant à Bangouya (Coyah), laissé là par ses ravisseurs, gorges pleines de haine, mains pleines de sang.

Et pendant ce temps, à la présidence, on joue au gouvernement.

Une question : 

Peut-on encore parler d’État ?

Un avocat enlevé de nuit chez lui à Conakry. Battu. Torturé. Jeté. Et aucun communiqué. Aucune arrestation. Aucune indignation officielle.

Le général Mamadi Doumbouya n’a rien dit. Silence radio du sommet à la base. Comme si cette barbarie était une simple péripétie dans une dictature qui s’installe pas à pas.

Ce pouvoir, qui prétend “lutter contre l’impunité”, ose soumettre un ancien bâtonnier à la barbarie physique. Ce pouvoir, qui multiplie les séminaires sur “la moralisation de la vie publique”, organise des expéditions nocturnes pour faire taire les voix gênantes.

Hypocrisie ? Non. Cynisme à l’état pur.

Le scénario ? 

Un copier-coller signé Spartacus et Cie

Ce n’est pas un acte isolé. C’est une stratégie, rodée, méthodique, rodée à l’intimidation. Abdoul Sacko, Siaka Barry… même recette : arrestation illégale, violence dégradante, silence institutionnel. Un cocktail toxique servi par une armée transformée en milice politique.

Et selon les sources, les exécutants seraient identifiés : éléments de la Gendarmerie sous les ordres du très zélé Balla Samoura. Et une unité des Forces Spéciales – celle qui répond à un certain “Spartacus”, bras armé du général-président.

Une bande d’hommes en uniforme, détournés de leur mission républicaine, pour exécuter les basses œuvres d’un régime qui n’a plus de frein.

Et vous osez encore parler de “transition” ?

Ce n’est plus une transition. C’est un asservissement progressif du peuple guinéen, par un pouvoir militaire en quête d’éternité. Mamadi Doumbouya se rêve en père de la nation. En réalité, il se comporte comme un colonel putschiste de république bananière.

Sa méthode : militariser la peur, organiser l’impunité, et faire disparaître les opposants les uns après les autres.

Le cas Me Traoré est un signal. Rouge sang.

Il a été ciblé parce qu’il est droit. Parce qu’il a dénoncé l’illégalité de la nouvelle Direction Générale des Élections. Parce qu’il a quitté le Conseil National de Transition en homme libre, pas en valet complice.

Et donc, on le torture. Pour l’exemple. Pour faire peur à tous les autres. Pour envoyer ce message : “Voilà ce qui arrive à ceux qui ouvrent leur bouche”.

Mais ce pouvoir se trompe. Parce que ce message, les Guinéens l’ont bien reçu. Et ils savent désormais qu’il n’y a plus de ligne rouge que le régime ne franchira pas.

Où est la CEDEAO ? Où est la justice ? Où est la rage du peuple ?

Pendant que Me Traoré est soigné à la va-vite dans une clinique de fortune, pendant que ses plaies témoignent de la violence d’un régime sans foi ni loi, les institutions dorment. La CEDEAO se tait. L’Union africaine feint la surprise. L’ONU note l’incident. Le peuple ? Il pleure, il rumine, il s’étouffe… mais il se souvient.

Cette fois, trop c’est trop.

Trop de violences. Trop de mépris. Trop d’humiliations. Trop de sang.

Combien faudra-t-il encore de Mohamed Traoré, de Foniké Menguè, de Abdoul Sacko, de Siaka Barry, pour que la Guinée cesse de courber l’échine devant ces militaires déguisés en sauveurs ?

On ne gouverne pas en frappant des avocats. On ne construit pas un pays en violant ses lois. On ne bâtit pas l’unité nationale avec des bottes sur les crânes.

Me Mohamed Traoré est en vie. Mais la démocratie guinéenne, elle, est en soins intensifs.

Et l’histoire retiendra. Les noms. Les faits. Et les lâchetés.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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