Affaire UFDG : Madifing Diané relaxé, la justice sélective encore à l’œuvre
L’ancien gouverneur de Conakry, Madifing Diané, a été relaxé par la justice dans le dossier qui l’opposait à l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Motif ? Prescription des faits. Une décision qui soulève une nouvelle fois des interrogations sur l’indépendance et la crédibilité de la justice guinéenne, où certains dossiers avancent à la vitesse de l’éclair, tandis que d’autres sont enterrés sous des prétextes juridiques bien pratiques.
Une décision qui sent la protection politique
Madifing Diané n’est pas un acteur politique anodin. Ancien gouverneur sous le régime d’Alpha Condé, il a été l’un des visages de la répression contre l’opposition, notamment l’UFDG de Cellou Dalein Diallo.
Le voir bénéficier d’une relaxe sous prétexte de prescription alors que d’autres, notamment les opposants politiques et anciens dignitaires non alignés sur la junte, sont poursuivis avec acharnement, révèle une justice à géométrie variable.
- Quand il s’agit d’anciens membres du régime Alpha Condé devenus encombrants, la CRIEF s’acharne, les procès sont expéditifs et les verdicts tombent vite.
- Mais lorsqu’il s’agit d’un individu qui, par le plus grand des hasards, semble bénéficier d’une certaine protection politique, la justice se souvient soudainement de la « prescription des faits ».
Le message est clair : dans la Guinée du CNRD, la loi n’est pas la même pour tout le monde.
Une justice qui choisit ses cibles
Cette affaire vient encore renforcer le sentiment que la justice guinéenne ne fonctionne plus sur la base du droit, mais en fonction des intérêts du moment.
- Pourquoi Madifing Diané bénéficie-t-il de la clémence de la justice, alors que d’autres continuent de croupir en prison, sans verdict, parfois même sans preuves solides ?
- Pourquoi l’État ne montre-t-il pas la même rigueur contre les personnalités proches du régime, dont certaines sont impliquées dans des affaires financières et de répression ?
- Pourquoi certains dossiers sont-ils enterrés sous prétexte de prescription, alors que d’autres sont rouverts même des années après les faits ?
Si la Guinée veut se doter d’une véritable justice, il faut qu’elle s’applique à tout le monde, sans exception.
Une décision aux conséquences politiques
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette relaxe de Madifing Diané envoie un message politique inquiétant.
- Elle montre que ceux qui ont participé à la répression de l’opposition sous Alpha Condé peuvent bénéficier d’une certaine protection.
- Elle décrédibilise encore un peu plus la justice guinéenne, déjà accusée de servir d’instrument au pouvoir en place.
- Elle prouve que le CNRD ne cherche pas à rétablir l’équilibre politique, mais à ménager ceux qui pourraient encore lui être utiles.
En fin de compte, cette décision renforce le climat d’injustice qui gangrène le pays.
Si les Guinéens espéraient que la transition militaire mettrait fin à l’impunité et à la justice sélective, cette affaire leur rappelle que les vieilles habitudes ont la peau dure.
— conakrylemag


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