Affaire Kassory Fofana : Verdict imminent, mais justice crédible ?
L’ancienne figure du régime d’Alpha Condé, Ibrahima Kassory Fofana, attend ce jeudi 27 février 2025 la décision de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Un moment qui s’annonce crucial pour l’ancien Premier ministre, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics.
Mais au-delà du sort de Kassory, cette affaire est-elle vraiment un symbole de justice impartiale ou simplement une opération politique visant à éliminer les anciens caciques du régime Condé ?
Une justice sélective au service du CNRD ?
Depuis l’arrivée au pouvoir du CNRD, de nombreux anciens dignitaires du régime Alpha Condé ont été arrêtés et poursuivis pour corruption. Mais cette chasse aux sorcières ne concerne-t-elle que certains ?
- Pourquoi seuls les anciens proches d’Alpha Condé sont-ils dans le viseur de la CRIEF, alors que les nouveaux barons du régime de Doumbouya s’enrichissent en toute impunité ?
- Pourquoi les détournements sous la transition elle-même ne font-ils l’objet d’aucune enquête sérieuse ?
- Pourquoi des affaires comme celles du Simandou ou des fonds miniers ne sont-elles pas traitées avec la même rigueur ?
Si la CRIEF était une vraie institution indépendante, elle ne devrait pas seulement frapper les ennemis du régime, mais aussi auditer la gestion actuelle du pays, y compris celle des militaires au pouvoir.
Kassory Fofana : coupable ou bouc émissaire ?
Personne ne peut nier que le régime Alpha Condé était marqué par des scandales financiers. Mais Kassory Fofana est-il le seul responsable des détournements massifs sous l’ère Condé ?
Pourquoi lui et pas d’autres figures de l’ancien régime qui ont trouvé refuge dans le giron du CNRD ?
- Certains ministres de l’époque ont été blanchis ou laissés tranquilles après avoir prêté allégeance à la junte.
- D’anciens proches du pouvoir Condé sont aujourd’hui des soutiens actifs du régime Doumbouya, bénéficiant d’une protection implicite.
L’affaire Kassory ne ressemble-t-elle pas davantage à une vengeance politique qu’à une quête de justice impartiale ?
Une décision sous pression politique ?
Le verdict attendu ce jeudi 27 février intervient dans un climat politique tendu.
- Le CNRD est accusé de vouloir confisquer le pouvoir en orchestrant une « transition à durée indéterminée ».
- La répression contre l’opposition et la société civile s’intensifie.
- Les appels à des élections crédibles se multiplient, mais le régime traîne les pieds.
Dans ce contexte, la décision de la CRIEF pourrait être hautement politique :
Si Kassory est condamné lourdement, le CNRD pourra dire qu’il lutte contre la corruption. Mais cela renforcera les accusations de justice à double vitesse, qui frappe les anciens mais protège les nouveaux puissants.
Si Kassory est libéré ou bénéficie d’une peine clémente, cela pourrait être perçu comme un deal entre le CNRD et certains cadres de l’ancien régime, dans le but de recomposer le paysage politique avant les futures élections.
Une justice crédible ou une farce judiciaire ?
Les Guinéens ne sont pas dupes. Ils savent que le vrai test de la justice n’est pas seulement de juger les anciens dirigeants, mais aussi de s’attaquer aux nouveaux fossoyeurs de l’économie nationale.
- Quand la CRIEF s’intéressera-t-elle aux contrats miniers signés sous la transition ?
- Quand jugera-t-elle les détournements des marchés publics accordés sous le règne du CNRD ?
- Quand appliquera-t-elle la même rigueur aux militaires au pouvoir et à leurs proches ?
Si la justice continue d’être sélective et politisée, elle ne sera qu’un outil de règlements de comptes et non un instrument d’équité et de transparence.
L’affaire Kassory n’est qu’un épisode de plus dans le feuilleton de la manipulation judiciaire en Guinée. Le verdict de ce jeudi ne déterminera pas seulement le sort de l’ancien Premier ministre, mais révèlera une fois de plus si la justice guinéenne est réellement indépendante… ou simplement une arme entre les mains de la junte.
— conakrylemag


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