L’armée guinéenne s’agace : Quand la vérité dérange les casernes

L'armée guinéenne s’agace : Quand la presse devient l’ennemi à abattre

L’armée guinéenne s’agace : Quand la presse devient l’ennemi à abattre

Dans un nouveau coup de pression sur la liberté d’expression, l’état-major général des forces armées guinéennes a publié un communiqué accusant certains médias de « semer la confusion » à travers des articles critiques. En clair, l’armée reproche aux journalistes de faire leur travail : informer.

Mais qu’entend-elle exactement par « semence de confusion » ? Est-ce une nouvelle manière de justifier la censure et d’intimider la presse indépendante, qui refuse de réciter les louanges de la junte militaire ?

Depuis quand la vérité dérange-t-elle au point de devenir un problème sécuritaire ? Et surtout, qu’a-t-on à cacher pour vouloir ainsi museler les médias ?

Une armée qui se veut au-dessus de la critique

Dans toute démocratie digne de ce nom, les institutions, y compris l’armée, sont sujettes à la critique et au débat public. Mais en Guinée, le CNRD et ses généraux semblent allergiques à toute remise en question.

Une armée qui ne supporte pas la critique est une armée qui se croit au-dessus des lois.

Si les militaires veulent restaurer la confiance du peuple, ce n’est pas en intimidant la presse qu’ils y parviendront, mais en prouvant par des actes qu’ils ne sont pas en train de manipuler la transition à leur profit.

Une liberté de la presse en danger sous le CNRD

Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, la liberté d’informer est de plus en plus menacée en Guinée. Les médias indépendants subissent des pressions constantes, et les journalistes critiques sont traqués comme des criminels.

Ce communiqué de l’armée s’inscrit dans cette même logique répressive : il s’agit d’un avertissement à peine voilé destiné à intimider la presse et à imposer un climat de peur.

Pourquoi l’armée craint-elle autant les médias ?

Si les journalistes « sèment la confusion », alors qu’on nous explique clairement :

Si l’armée n’a rien à se reprocher, elle devrait plutôt encourager la transparence et la liberté d’informer. Mais en attaquant les médias, elle envoie un message clair : elle veut contrôler le narratif et empêcher toute remise en cause de ses actions.

Vers une militarisation complète du discours public ?

L’un des plus grands dangers de cette dérive autoritaire, c’est que l’armée ne se contente plus d’imposer sa loi dans les casernes : elle veut aussi dominer l’espace médiatique et contrôler la pensée collective.

En restreignant la liberté de la presse, le CNRD cherche à imposer un discours unique, où :

C’est ainsi que fonctionnent les régimes autoritaires : d’abord, ils interdisent les manifestations, ensuite, ils contrôlent la presse, et enfin, ils criminalisent toute opposition.

La question qui se pose maintenant est simple : jusqu’où ira cette militarisation du débat public ?

Le peuple guinéen ne se laissera pas berner

Les Guinéens ne sont pas dupes. Ils voient bien que la junte tente de verrouiller l’espace politique et médiatique pour préparer le terrain à une transition sans fin.

Si le CNRD veut réellement gagner en crédibilité, il doit :

  1. Cesser d’intimider la presse et garantir la liberté d’expression.
  2. Rendre des comptes sur la gestion opaque de la transition.
  3. Fixer une date claire et irréversible pour le retour à un régime civil.

Sinon, tout ce cirque médiatique ne fera que confirmer ce que beaucoup soupçonnent déjà : la junte ne veut pas partir.

Car quand un régime commence à voir les journalistes comme des ennemis, c’est qu’il a déjà trahi les principes démocratiques.

Et l’histoire prouve que la vérité finit toujours par éclater, peu importe combien de communiqués militaires tentent de la faire taire.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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