Le Ministre Mourana Soumah, un an déjà : Éloge prématuré d’une émergence fantasmée ?
Un an ! Oui, chers lecteurs, voilà exactement une année que Mourana Soumah a pris les commandes du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), sous les applaudissements frénétiques d’un régime visiblement plus enthousiaste à célébrer ses propres réussites imaginaires qu’à affronter la réalité d’un pays en pleine dérive économique. Un anniversaire dignement célébré, avec le cortège habituel de flatteries officielles et d’autocongratulations médiatiques, que Mosaiqueguinee nous sert sans rougir.
Le ministre Soumah, selon le récit officiel soigneusement orchestré, tiendrait « solidement » les rênes des finances publiques, propulsant ainsi la Guinée vers une hypothétique émergence. Mais est-il permis de rire ou doit-on pleurer devant une telle affirmation ? Car, à regarder de près les chiffres, à écouter attentivement les murmures des rues de Conakry, la réalité est bien moins glorieuse que les éloges outranciers ne le laissent entendre.
Un bilan au goût amer sous les paillettes de la communication
Ah, la communication gouvernementale ! Ce bel art qui consiste à transformer la médiocrité en triomphe, et les erreurs en géniales stratégies ! Depuis douze mois, Mourana Soumah excelle surtout à communiquer sur ce qu’il aimerait avoir réalisé, plutôt qu’à agir concrètement sur le terrain économique miné par la hausse continue des prix, la chute du pouvoir d’achat des Guinéens et une dette publique qui gonfle dangereusement.
Les grands axes promis il y a un an—rigueur budgétaire, maîtrise des dépenses publiques et lutte contre la corruption—ont-ils vu le jour ? Sans doute sur papier glacé, dans les brochures ministérielles distribuées généreusement aux dignitaires et autres amis du pouvoir. Dans les marchés, les écoles, les hôpitaux, et chez les petits commerçants étouffés par une fiscalité chaotique et improvisée, le discours officiel ne fait pourtant rire personne.
Le prétendu « socle d’une économie résiliente » ressemble plutôt à un château de cartes construit à grands coups d’annonces officielles ronflantes. « Résiliente », vraiment ? La seule résilience tangible, palpable, est celle des citoyens guinéens, contraints d’encaisser sans broncher les erreurs répétées de ceux censés les conduire vers des lendemains meilleurs.
Entre endettement record et croissance en trompe-l’œil
Rappelons quelques faits gênants que la propagande officielle du MEF semble oublier avec une facilité déconcertante : la dette publique guinéenne atteint aujourd’hui des sommets historiques, grimpant à près de 65 % du PIB selon des estimations non officielles. Une prouesse inquiétante du ministre Soumah, qui semble ignorer que trop de dettes tue la croissance réelle au profit d’une croissance purement cosmétique.
La croissance annoncée à grands cris est, quant à elle, largement artificielle : dopée par quelques projets miniers pilotés par des intérêts étrangers qui laissent peu de retombées concrètes pour les populations locales. Si émergence il y a, elle n’est certainement pas inclusive, elle est plutôt sélective, voire exclusive, réservée à quelques privilégiés proches du régime.
Un ministre déconnecté de la réalité du peuple ?
Mourana Soumah, ancien technocrate adoubé par les institutions internationales, aime rappeler qu’il applique les méthodes des grands experts économiques internationaux. Mais Monsieur le ministre, ces méthodes importées, apprises dans les salons feutrés de Washington ou Paris, répondent-elles aux réalités douloureuses vécues quotidiennement par les Guinéens ordinaires ? La réponse, triste mais évidente, est non.
Le ministre se complaît dans un confort statistique qui ignore cyniquement les difficultés réelles du terrain : inflation galopante, chômage endémique des jeunes, pénuries récurrentes d’eau et d’électricité dans la capitale, sans même parler des régions intérieures laissées à l’abandon. Son apparente satisfaction tranche cruellement avec le quotidien de millions de Guinéens qui luttent simplement pour survivre.
La lutte contre la corruption : un beau slogan pour masquer l’immobilisme
Et la lutte contre la corruption ? Cette fameuse priorité nationale brandie régulièrement par le ministre et ses soutiens ? En un an, quels résultats concrets le ministre Soumah peut-il afficher ? Aucun scandale d’envergure démantelé, aucun réseau majeur inquiété, quelques arrestations spectaculaires pour donner le change, mais rien de suffisamment profond pour changer les pratiques corrompues profondément enracinées dans les administrations guinéennes.
En réalité, derrière les discours volontaristes du ministre, la corruption continue à prospérer tranquillement, sous le regard impuissant ou complaisant d’un ministère qui semble préférer ignorer le problème plutôt que de s’y attaquer sérieusement. Les marchés publics continuent à être attribués dans l’opacité, les détournements restent fréquents et, bien sûr, impunis.
L’émergence : une illusion soigneusement entretenue
Quant à la prétendue trajectoire d’émergence évoquée, c’est une chimère savamment entretenue pour maintenir la population dans une douce illusion. L’émergence ne se décrète pas dans des discours ; elle se construit avec des actions courageuses, transparentes et surtout, inclusives.
Aujourd’hui, le ministre Soumah célèbre donc un bilan fantasmé, oubliant commodément les échecs cuisants accumulés en à peine douze mois : pauvreté aggravée, précarité renforcée, corruption intacte, croissance artificielle. Si c’est là le « socle solide » sur lequel le MEF prétend bâtir l’avenir économique de la Guinée, autant admettre tout de suite que la route vers l’émergence sera longue, pénible, et semée d’échecs douloureux.
Un avenir incertain sous des applaudissements forcés
Si Mourana Soumah a pu tenir bon les rênes des finances, c’est peut-être uniquement parce qu’il les tient si fort que les initiatives novatrices étouffent et meurent, écrasées par un immobilisme technocratique écrasant. Derrière les cérémonies et les discours grandiloquents, la Guinée est loin d’être sur la bonne voie.
Un an à la tête du MEF aura permis à Mourana Soumah d’asseoir son image de technocrate rassurant auprès des bailleurs de fonds internationaux, mais certainement pas de gagner la confiance des Guinéens, lassés des promesses jamais tenues.
Entre mensonges et réalités occultées
Mourana Soumah peut continuer à tenir les rênes, certes, mais vers quel destin entraîne-t-il exactement les finances du pays ? Les Guinéens ne veulent plus de discours mielleux et d’autocongratulation. Ils attendent des actes réels, concrets, palpables, capables de transformer leur quotidien.
Pour l’heure, après douze mois à sa tête, le MEF ressemble davantage à un ministère des illusions perdues, où les statistiques rassurantes du ministre cachent mal un désarroi économique grandissant. Un anniversaire, en somme, qu’il n’y avait rien à célébrer.
Alors, Monsieur Soumah, soufflez bien votre première bougie à la tête du MEF, mais ne comptez pas sur les Guinéens pour applaudir cette mascarade bien longtemps encore. Il est temps que votre ministère cesse d’être une chambre d’écho de vos propres fantasmes économiques et devienne enfin un véritable outil au service du peuple.
Car, après tout, l’émergence, la vraie, ne se décrète pas. Elle se construit au prix d’un véritable courage politique et économique, deux qualités qui, à ce jour, semblent cruellement manquer à votre administration.
En attendant, la fête continue. Mais pour combien de temps encore ?
— conakrylemag


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