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Trouver un développeur, un architecte réseau, un ingénieur système ou un designer graphiste devient de plus en plus compliqué pour les entreprises françaises de tous les secteurs. En cause: la fameuse pénurie de talents dans les métiers numériques. D’après Pôle Emploi, il manque en France en 2019 79.000 professionnels du numérique, et toutes les études alertent sur le fait que ce chiffre est amené à largement augmenter dans les années à venir.
Paradoxalement, les entreprises se privent d’un vivier important de talents, ceux des quartiers socialement défavorisés regroupés sous l’appellation Quartiers Prioritaires de la Ville. Et plus particulièrement des femmes et des plus de 35 ans, largement sous-représentés dans les métiers du numérique. C’est la conclusion du premier indice « QPV et numérique », réalisé par l’association Diversidays.
Manque flagrant de mixité et de diversité sociale dans la tech
L’étude est une nouvelle confirmation de manque flagrant de mixité et de diversité sociale et culturelle dans la tech.
« Le secteur numérique ne reflète pas la société française. On savait déjà que les disparités concernent le genre, l’âge et la provenance géographique, mais celles-ci s’aggravent en fonction de l’origine sociale, ethnique et culturelle des talents », regrette Anthony Babkine, le cofondateur de Diversidays.
Sur la base de données fournies par Pôle Emploi, l’association relève que les femmes des QPV sont cinq fois moins amenées que les hommes à rechercher un emploi dans les métiers du numérique. Sur une base nationale de 100, l’indice pour une femme en QPV est de 23, soit presque un cinquième, tandis qu’au niveau national, un tiers des emplois dans le numérique sont occupés par une femme.
L’accès à l’emploi dans le numérique se complique aussi dans les QPV en fonction de l’âge. Ainsi, l’indice d’un demandeur d’emploi de 25 à 34 ans en QPV est de 90, soit presque autant que la moyenne nationale établie à 100. Mais tombe à 63 pour les 35-49 ans, et à 45 pour les plus de 50 ans. « Dans les QPV, on a encore moins de chances de trouver un emploi dans le numérique qu’ailleurs en France« , décrypte Anthony Babkine.
Il faut « aller recruter les talents là où ils sont »
L’enseignement principal de cet indice est que les entreprises confrontées à une pénurie de talents se privent d’une main-d’œuvre accessible mais éloignée de ces métiers. « Il manque des ponts entre les métiers du numérique et les demandeurs d’emplois des QPV, et particulièrement les femmes », déplore le fondateur de Diversidays. Plutôt que d’appeler à un effort supplémentaire de l’État, l’entrepreneur préfère alerter les entreprises:
« Les entreprises ignorent les talents des quartiers défavorisés. C’est aux recruteurs et aux patrons des entreprises qui cherchent ces métiers sous tension, de prendre leur responsabilités et d’aller recruter les talents là où ils sont, plaide-t-il.
Et d’ajouter :
« Ils doivent faire des efforts de pédagogie et des campagnes ciblées pour toucher un public plus large que l’homme blanc sur-diplômé ».
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— conakrylemag


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