Marc Yombouno critique la France : réveil tardif ou hypocrisie assumée ?
Marc Yombouno, ancien ministre et cadre du RPG Arc-en-ciel, dénonce la réaction tardive de la France face aux violations des droits humains et aux lenteurs du retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Un tacle bien placé, qui résonne avec le sentiment de nombreux Guinéens : pourquoi Paris feint-il de découvrir aujourd’hui ce que tout le monde sait depuis des mois ?
Mais si la critique est légitime, il faut aussi poser une autre question : où était Marc Yombouno et son camp politique lorsque la France, hier encore, fermait les yeux sur les dérives du régime Alpha Condé ?
La France, complice silencieuse ?
Il faut être naïf pour croire que la France ignorait ce qui se passe en Guinée :
- Les arrestations arbitraires ? Documentées depuis longtemps.
- Le verrouillage de l’espace politique ? Connu de tous.
- L’absence de transparence dans la transition ? Évidente.
Pourquoi Paris n’a-t-elle pas réagi plus tôt ? Parce que tant que les militaires ne menaçaient pas directement ses intérêts stratégiques, elle pouvait se contenter de jouer la carte de la prudence.
Mais maintenant que le calendrier de transition s’étire dangereusement et que la junte commence à resserrer son emprise sur le pays, la France sent peut-être qu’elle a misé sur le mauvais cheval.
Une indignation sélective ?
Marc Yombouno a raison de dénoncer l’attitude ambiguë de la France. Mais où était cette énergie critique lorsque Paris soutenait Alpha Condé dans son coup de force pour un troisième mandat ?
- Quand les forces de l’ordre tuaient des manifestants sous l’ère Condé, la France était-elle plus prompte à réagir ?
- Quand l’opposition était réprimée avant le coup d’État, où était la voix des indignés d’aujourd’hui ?
- Pourquoi tant d’anciens du RPG ne dénoncent-ils les abus que lorsqu’ils ne sont plus aux commandes ?
L’histoire est un éternel recommencement : les alliés d’hier dénoncent les complicités d’aujourd’hui, mais sans jamais faire leur propre autocritique.
La transition militaire joue la montre, la communauté internationale s’agite
Ce soudain réveil de la France s’inscrit dans un contexte où le CNRD joue avec le temps et multiplie les manœuvres pour s’éterniser au pouvoir.
- Le chronogramme électoral est toujours flou.
- Les opposants politiques sont traqués.
- Les institutions sont façonnées pour garantir un contrôle total du régime.
Face à cela, la France se contente de hausser le ton sans aller plus loin. Une indignation diplomatique qui ressemble davantage à une mise en garde symbolique qu’à une véritable pression.
La Guinée doit se libérer de ses propres chaînes
Si Marc Yombouno et d’autres veulent véritablement défendre l’ordre constitutionnel et les droits humains, ils ne doivent pas attendre que la France leur donne le signal. Les Guinéens doivent eux-mêmes imposer le changement.
- Ce n’est ni Paris, ni Washington qui libéreront la Guinée d’un régime qui dérive.
- Ce n’est pas la communauté internationale qui forcera les militaires à organiser des élections.
- C’est la mobilisation intérieure, la pression populaire et une opposition forte qui peuvent faire bouger les lignes.
Hypocrisie de la France, hypocrisie des élites ?
La vérité, c’est que chacun joue son rôle dans cette mascarade :
- Le CNRD fait durer la transition pour consolider son pouvoir.
- La France critique tardivement pour sauver la face.
- Et les anciens du RPG dénoncent aujourd’hui ce qu’ils toléraient hier.
Mais pendant que les uns et les autres se renvoient la balle, le peuple guinéen, lui, continue de souffrir dans un pays où les libertés reculent et où l’avenir est toujours incertain.
— conakrylemag


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