Mognouma a Mokoron : comment peut-on lécher les bottes de son propre bourreau ?

Un prix spécial pour un régime spécial : celui de la répression

Mognouma, l’amnésique de la presse : comment peut-on lécher les bottes de son propre bourreau ?

L’histoire politique guinéenne a toujours été ponctuée de retournements de veste spectaculaires, mais Mognouma en offre aujourd’hui un chef-d’œuvre. Le journaliste, autrefois voix des sans-voix, se transforme en laudateur officiel du régime qui a dynamité sa profession. À l’occasion du Forum de l’Entrepreneuriat et de l’Excellence en Afrique (FEEM), il monte au créneau pour défendre le « Prix spécial » décerné au général Doumbouya, affirmant sans trembler que le chef de la junte « le mérite ».

Sérieusement ? Le mérite de quoi ? D’avoir bâillonné la presse, verrouillé l’espace politique, et plongé la Guinée dans un marécage économique sans précédent ?

Mais après tout, Mognouma a peut-être raison : dans un pays où les valeurs sont inversées, où l’opportunisme est plus rentable que l’intégrité, il n’y a rien de surprenant à voir un journaliste encenser le même homme qui l’a poussé, lui et des centaines d’autres, au chômage forcé.

Mognouma, ou l’art de justifier l’injustifiable

Dans ses justifications, Mognouma nous sort les violons : il faut « reconnaître les efforts du général Doumbouya ». Lesquels, exactement ?

Si Doumbouya mérite un prix, c’est peut-être celui de la plus grande escroquerie politique des dernières décennies : celle d’avoir fait croire à une transition démocratique tout en consolidant un pouvoir autocratique.

Mais Mognouma, lui, ferme les yeux sur cette réalité. Quand un régime transforme un ancien critique en porte-parole officieux, c’est qu’il a trouvé son nouveau griot.

De journaliste à propagandiste : une chute spectaculaire

Il fut un temps où Mognouma savait ce qu’était le journalisme. Il dénonçait, il critiquait, il informait. Aujourd’hui, il applaudit.

La dictature a toujours eu un talent particulier pour recycler ses anciens détracteurs en parfaits serviteurs.

Le général Doumbouya, qui a régné sur la fermeture des médias, se voit donc décoré… par un homme qui en subit directement les conséquences. Le syndrome de Stockholm a rarement été aussi bien incarné.

La question est simple : que cherche réellement Mognouma ?

Dans tous les cas, il prouve que la mémoire est courte quand l’intérêt personnel prend le dessus.

Pendant ce temps, la Guinée souffre

Pendant que Mognouma s’extasie devant la « vision » de Doumbouya, le peuple guinéen, lui, s’enfonce dans la misère.

Mais tout cela, Mognouma n’en parlera pas.

Car il est plus facile de se convertir en griot du pouvoir que de rester un journaliste digne de ce nom.

Un prix spécial pour un régime spécial : celui de la répression

Finalement, il est vrai que ce « Prix spécial » du FEEM va comme un gant à Doumbouya.

Un prix spécial pour un régime spécial, qui a confisqué le pouvoir sous prétexte de transition.
Un prix spécial pour un pouvoir qui a fait de la répression sa marque de fabrique.
Un prix spécial pour un général qui, au lieu de préparer un retour à l’ordre constitutionnel, organise plutôt un retour à la pensée unique.

Et Mognouma, dans tout ça ? Simple figurant dans cette mascarade, prêt à troquer son indépendance contre quelques miettes d’un banquet auquel il ne sera jamais vraiment invité.

La Guinée n’oubliera pas ceux qui ont cédé.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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