Pétrole en Guinée : quand le régime mise sur la providence divine
La Guinée serait-elle sur le point de rejoindre le club des pays producteurs de pétrole ? C’est, en tout cas, le nouvel espoir que tente de vendre le régime. À la faveur d’une campagne d’exploration dans ses eaux territoriales, les autorités affichent un optimisme déconcertant. « Dieu ne peut pas nous détester autant pour ne pas nous donner aussi des puits pétroliers », a lancé un officiel, comme si la géologie se décidait sur des critères mystiques.
À défaut d’avoir une véritable politique énergétique, la junte semble s’en remettre à la prière et à l’espoir divin, dans un pays où les coupures d’électricité sont devenues un cauchemar quotidien.
Une annonce pour faire diversion ?
L’exploitation pétrolière, ce n’est pas une lubie nouvelle en Guinée. Depuis des décennies, les gouvernements successifs promettent des découvertes imminentes, sans jamais rien livrer de concret. À chaque crise économique ou politique, on ressort la carte du pétrole, comme un remède miracle aux problèmes du pays.
Mais soyons sérieux. Si la Guinée possédait réellement d’importantes réserves de pétrole exploitables, les multinationales ne seraient pas restées les bras croisés. Or, jusqu’à présent, aucune grande compagnie pétrolière ne s’est précipitée pour investir massivement dans les eaux guinéennes.
Un régime en quête de bonnes nouvelles
Cette soudaine mise en avant de l’exploration pétrolière n’a rien d’anodin. Elle intervient alors que la junte est sous pression, incapable de tenir ses promesses économiques et politiques.
- Le coût de la vie explose, avec une inflation galopante qui étrangle les ménages.
- Les délestages plongent Conakry dans le noir, signe d’un secteur énergétique en faillite.
- Les caisses de l’État se vident, tandis que la transition s’éternise sans échéances claires.
Dans ce contexte, agiter l’espoir d’une manne pétrolière permet de détourner l’attention et de nourrir l’illusion d’un avenir meilleur.
De l’or, de la bauxite… et maintenant du pétrole ?
La Guinée n’est pas un pays pauvre en ressources. Elle regorge de bauxite, d’or, de fer et de diamants. Pourtant, ces richesses n’ont jamais profité à la population, accaparées par une élite corrompue et des multinationales peu enclines à partager la rente.
Pourquoi en serait-il autrement avec le pétrole ? Si jamais des gisements sont trouvés et exploités, qui en bénéficiera réellement ?
- Le peuple guinéen, qui subit déjà l’exploitation opaque de ses autres ressources ?
- Ou la même caste qui, depuis l’indépendance, s’enrichit sur le dos du pays sans rendre de comptes ?
L’histoire récente montre que les États riches en pétrole sont souvent minés par la corruption, les conflits et la mauvaise gouvernance. La Guinée, avec son instabilité politique chronique, risque fort de tomber dans le même piège.
Le pétrole ne remplacera pas une vraie vision économique
Découvrir du pétrole ne transformera pas miraculeusement la Guinée en Dubaï ou en Norvège. Sans institutions solides, sans transparence, sans vision de développement, une telle ressource ne fera qu’accentuer les inégalités et renforcer la mainmise du pouvoir sur l’économie.
Mais pour l’instant, il n’y a même pas de pétrole, seulement des déclarations pleines d’espoir et de fatalisme. Pendant que la junte prie pour que les fonds marins livrent leur trésor, les Guinéens, eux, attendent toujours de l’électricité, du travail et un véritable avenir.
Si le pays veut réellement se développer, ce n’est pas en invoquant Dieu qu’il y parviendra, mais en mettant en place des réformes sérieuses et en luttant contre la corruption qui gangrène son économie depuis des décennies.
— conakrylemag


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