Présidentielle 2025 : Doumbouya, un « droit divin » à se présenter ?
La machine à justifier l’injustifiable tourne à plein régime ! Boubacar Siddighy Diallo, sans surprise, vient de défendre l’éventuelle candidature de Mamadi Doumbouya, affirmant que « nul être humain ne peut lui interdire de se présenter ».
Un raisonnement aussi simpliste que dangereux : faudrait-il comprendre que Doumbouya a un droit divin à briguer la présidence ? Que la volonté du peuple ne compte plus et que seul le bon vouloir du chef suprême décide du sort de la nation ?
Cette déclaration n’est rien de plus qu’un nouvel acte d’allégeance, une tentative maladroite de légitimer la confiscation du pouvoir par une junte qui, depuis le 5 septembre 2021, n’a jamais caché ses intentions : s’accrocher coûte que coûte au sommet de l’État.
Quand la propagande dépasse la raison
Il est fascinant de voir à quelle vitesse certains intellectuels et cadres se transforment en avocats du pouvoir, oubliant les principes démocratiques élémentaires.
- Le coup d’État de 2021 était censé ramener la démocratie, pas fabriquer un nouveau président militaire.
- Le CNRD a promis une transition « courte et inclusive », pas un règne indéfini.
- La Guinée mérite des élections libres et transparentes, pas une mise en scène électorale pour légitimer un putsch.
Alors pourquoi vouloir imposer l’idée que Doumbouya serait un candidat « naturel », comme si son accession au pouvoir n’était qu’une évidence absolue ?
Boubacar Siddighy Diallo, une girouette politique en quête de visibilité
Il faut rappeler que Boubacar Siddighy Diallo n’en est pas à sa première déclaration opportuniste. Comme beaucoup de figures du paysage politique guinéen, il a l’art de changer de cap au gré des vents du pouvoir.
- Hier, il critiquait les dérives autoritaires, aujourd’hui il les justifie.
- Hier, il défendait les valeurs démocratiques, aujourd’hui il trouve normal qu’un militaire s’impose par la force.
- Hier, il dénonçait l’instrumentalisation des institutions, aujourd’hui il participe activement à leur décrédibilisation.
Bref, une girouette politique de plus, prête à sacrifier ses convictions pour rester dans les bonnes grâces du régime en place. Mais l’histoire nous l’a prouvé : ceux qui se prosternent devant un pouvoir illégitime finissent toujours par être balayés en même temps que lui.
Un jeu dangereux pour la Guinée
À travers ces discours, on assiste à une tentative claire de normaliser l’inacceptable :
- Faire oublier que Doumbouya a pris le pouvoir par la force et non par les urnes.
- Transformer un putschiste en candidat légitime, comme si la Guinée était condamnée à accepter ses dirigeants à la pointe du fusil.
- Préparer l’opinion à avaler l’idée d’une « transition éternelle » où le chef de la junte s’auto-recycle en président élu.
Si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est que ce type de manœuvre finit toujours par engendrer des crises profondes. La démocratie ne se décrète pas, elle s’exerce dans un cadre transparent, avec des règles claires et une alternance réelle.
Le peuple laissera-t-il faire ?
Si personne ne peut interdire à Doumbouya de se présenter, alors rien ni personne ne pourra empêcher les Guinéens de s’opposer à cette imposture.
Car en fin de compte, ce ne sont pas les déclarations d’un partisan opportuniste qui décideront du futur de la Guinée. C’est la volonté populaire, et elle, ne se décrète pas.
— conakrylemag


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