Présidentielle et législatives couplées : la dernière trouvaille du régime pour maquiller sa confiscation du pouvoir en économie électorale
Voilà donc la dernière invention des génies politiques du régime guinéen : le couplage des élections présidentielle et législatives. Sous couvert d’économies budgétaires et d’efficacité, les autorités de transition viennent d’annoncer cette mesure avec toute la solennité qu’on leur connaît.
Évidemment, personne n’est dupe. Ce que le régime présente comme une grande innovation démocratique n’est rien d’autre qu’une nouvelle astuce pour accélérer la validation électorale de la prise en otage politique du pays par la junte militaire.
Économie ou manipulation électorale ?
L’argument officiel avancé pour ce couplage électoral est simpliste : réduire les coûts. Pourtant, soyons sérieux un instant : depuis quand la gestion rigoureuse des finances publiques est-elle devenue la priorité absolue de ce régime, connu pour ses dépenses pharaoniques en propagande politique, ses budgets obscurs et ses voyages ministériels coûteux et inutiles ?
En réalité, le couplage électoral n’a rien à voir avec l’économie. Il a tout à voir avec la stratégie électorale du régime, qui cherche avant tout à minimiser les débats politiques, à réduire la visibilité des opposants et à imposer aux électeurs un choix politique biaisé, sous pression et dans la précipitation.
Une stratégie politique évidente
En couplant présidentielle et législatives, le régime espère étouffer toute opposition sérieuse, contrainte de disperser ses efforts dans des campagnes électorales simultanées. Cette décision prive les partis politiques adverses d’un temps précieux pour mobiliser leurs bases, élaborer leurs stratégies, ou simplement défendre leur vision démocratique du pays.
Pire encore, cela permet au pouvoir d’utiliser la présidentielle, déjà totalement verrouillée en faveur du général Mamadi Doumbouya, pour imposer une assemblée législative docile, soumise, acquise d’avance. Autant dire qu’on assiste à une confiscation du pouvoir législatif sous couvert de simplicité administrative.
La démocratie en Guinée : victime collatérale du régime
Le couplage électoral tel que décidé aujourd’hui n’est qu’une étape supplémentaire dans la lente mais méthodique mise à mort de la démocratie guinéenne. Le pouvoir actuel ne veut pas d’un processus électoral transparent, équilibré et ouvert. Il veut un scrutin rapide, brutal, à peine contrôlé, où le résultat sera connu avant même le dépouillement des votes.
Ce couplage est donc une attaque directe contre la pluralité politique, contre l’équilibre institutionnel et contre les principes fondamentaux d’une démocratie digne de ce nom.
La Guinée sous contrôle militaire, de la présidence au Parlement
En organisant simultanément la présidentielle et les législatives, le régime du CNRD veut installer définitivement son pouvoir à tous les niveaux de l’État. Le général Doumbouya président, entouré d’une assemblée acquise, d’un Parlement servile, et d’institutions démocratiques vidées de leur substance : voici le scénario parfait pour une dictature habillée en République démocratique.
La transition devient ainsi une escroquerie politique majeure, orchestrée sans vergogne sous les yeux des Guinéens et de la communauté internationale.
Le peuple guinéen, éternel perdant de cette manœuvre
Comme toujours, les véritables victimes de cette mascarade seront les citoyens guinéens eux-mêmes. Privés de débat politique réel, forcés de voter dans des conditions floues et expéditives, ils seront une fois encore les grands absents de cette « démocratie » à la sauce militaire.
On ne leur laisse qu’un choix illusoire : valider par leur vote une confiscation du pouvoir déjà décidée en haut lieu, ou se retirer du jeu démocratique, ce qui ne fera que faciliter la mainmise totale de la junte sur le pays.
Réaction de l’opposition attendue
Cette annonce du couplage électoral risque fort de provoquer une réaction massive de l’opposition, déjà fragilisée par des arrestations et des suspensions répétées. Cette décision politique unilatérale est une provocation supplémentaire qui pourrait plonger la Guinée dans une crise politique encore plus profonde et dangereuse.
Reste à savoir si les acteurs politiques auront le courage, la force et l’unité nécessaires pour résister efficacement à cette tentative flagrante de coup d’État électoral.
En résumé, derrière l’annonce de ce couplage électoral se cache une réalité inquiétante : le régime militaire guinéen accélère sa confiscation du pouvoir, et le peuple guinéen, lui, risque encore une fois d’être pris en otage par cette parodie démocratique.
Ce n’est pas une élection, c’est un hold-up électoral maquillé en réforme administrative. Et comme d’habitude, c’est la démocratie qui en sortira perdante, sacrifiée sur l’autel des ambitions d’un régime qui n’a jamais réellement eu l’intention de rendre le pouvoir au peuple.
— conakrylemag


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