Rails pillés, infrastructures à l’abandon : quand Amara Camara crie au vol sans balayer devant sa porte

Un réseau ferroviaire autrefois florissant, aujourd’hui en ruine

Rails pillés, infrastructures à l’abandon : quand Amara Camara crie au vol sans balayer devant sa porte

Dans une déclaration qui oscille entre hypocrisie politique et cynisme absolu, Amara Camara, secrétaire général de la présidence, s’est insurgé contre les « dirigeants véreux » qui auraient « volé et dilapidé » le réseau ferroviaire guinéen.

Un aveu tardif, qui soulève plus de questions qu’il n’apporte de solutions. Car si les infrastructures ferroviaires ont été sabotées, pillées, et revendues comme de la ferraille, ce n’est pas un mystère pour le peuple guinéen. La vraie question est donc : Pourquoi ce scandale refait-il surface maintenant ? Qui veut-on accuser et qui protège-t-on réellement ?

Car si Amara Camara connaît les coupables, pourquoi ne sont-ils pas inquiétés ? Pourquoi aucune action sérieuse n’a été entreprise pour restaurer le réseau ferroviaire guinéen en trois ans de transition ?

La Guinée, dotée d’un potentiel énorme en ressources minières et agricoles, continue d’être un pays où le transport de masse reste archaïque, où le commerce souffre d’un manque cruel d’infrastructures, et où les citoyens subissent les conséquences de décennies de mauvaise gouvernance.

Un réseau ferroviaire autrefois florissant, aujourd’hui en ruine

Historiquement, le chemin de fer guinéen a été un pilier essentiel du développement économique, notamment pour le transport des minerais.

À l’époque coloniale, la Guinée possédait un réseau ferroviaire efficace :

Mais au fil des ans, l’irresponsabilité des gouvernements successifs et la corruption généralisée ont conduit à l’abandon progressif du rail.

Dès les années 1980, le transport ferroviaire guinéen a commencé à s’effondrer, avec des rails démontés illégalement, vendus comme de la ferraille, et un manque total d’entretien des infrastructures.

Aujourd’hui, les trains de passagers ont disparu, et seules quelques lignes minières, exploitées par des entreprises étrangères, subsistent.

Qui sont les vrais coupables du pillage ferroviaire ?

Si Amara Camara parle de « dirigeants véreux », alors qu’il les nomme. Car les responsables de ce désastre sont connus :

En 2017, une enquête de la Cour des Comptes révélait déjà des irrégularités flagrantes dans la gestion du patrimoine ferroviaire guinéen. Des centaines de tonnes de rails avaient mystérieusement disparu, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée.

Le CNRD, un donneur de leçons sans bilan concret

Depuis le coup d’État de 2021, le CNRD a eu trois ans pour remédier à la situation. Qu’a-t-il fait pour restaurer le réseau ferroviaire ? Absolument rien.

Alors, pourquoi ces déclarations maintenant ? Parce que la junte cherche à détourner l’attention de ses propres échecs, en pointant du doigt les fautes des gouvernements précédents.

Pendant ce temps, les Guinéens continuent d’emprunter des routes défoncées, de subir des tarifs de transport exorbitants et de voir leur économie paralysée par le manque d’infrastructures.

Des milliards engloutis ailleurs, mais pas pour le rail

Si la Guinée avait un gouvernement réellement préoccupé par le développement, le réseau ferroviaire serait une priorité absolue. Mais où va l’argent du pays ?

Un scandale qui en cache d’autres

La déclaration d’Amara Camara n’est qu’un écran de fumée pour masquer l’incompétence actuelle du régime.

Si le CNRD veut être crédible, il doit cesser les discours et passer à l’action. Car les Guinéens en ont assez des dénonciations sans suites, des scandales sans sanctions, et des promesses sans résultats.

Un pays qui recule pendant que d’autres avancent

Pendant que le Sénégal développe un Train Express Régional (TER), que la Côte d’Ivoire modernise son réseau ferroviaire, la Guinée, elle, reste embourbée dans la médiocrité, les discours et l’inaction.

Le CNRD peut bien accuser les gouvernements précédents, mais lui-même fait partie du problème. Et tant que les véritables réformes ne seront pas engagées, les rails continueront de rouiller, les routes de se détériorer, et la Guinée de s’enfoncer dans le sous-développement.

Alors, plutôt que de pleurer sur des rails volés, Amara Camara et son gouvernement devraient commencer à construire quelque chose de durable. Mais pour cela, encore faudrait-il qu’ils en aient la volonté… et la compétence.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

Author Signature for Posts

Exprimez-vous ! Réagissez à cet article maintenant avec Facebook
Quitter la version mobile