Rencontres au Palais M5 : manœuvres politiques ou simple dialogue ?

Rencontres au Palais M5 : manœuvres politiques ou simple dialogue ?

Le Palais M5 est en effervescence. Des cadres de l’UFDG, de l’ANAD, de l’UFR, du RPG et d’autres partis politiques ont été reçus dans le cadre d’une série de rencontres initiées par les autorités de la transition. Un geste qui, en apparence, traduit une volonté d’ouverture et de dialogue. Mais en politique, rien n’est jamais innocent.

Dans un contexte où les tensions restent vives, où les élections restent un mirage flou, et où la junte peine à rassurer aussi bien l’opposition que la communauté internationale, ces consultations ressemblent plus à une tentative de contrôle et de temporisation qu’à une véritable main tendue.

Un dialogue sincère ou une opération de communication ?

Depuis son arrivée au pouvoir, le CNRD joue sur plusieurs tableaux : se montrer inclusif en multipliant les rencontres, tout en maintenant un verrouillage strict de l’espace politique et médiatique. Cette initiative du Palais M5 ne fait pas exception :

L’opposition, entre opportunisme et méfiance

Si des figures de l’opposition acceptent ces invitations, c’est parce que refuser le dialogue pourrait signifier une marginalisation totale. Mais combien d’entre eux y croient vraiment ?

L’UFDG et l’ANAD, longtemps réprimés, savent qu’aucune concession sérieuse ne viendra sans rapport de force.
L’UFR, affaiblie, navigue entre attente et repositionnement.
Le RPG, en quête d’un second souffle après la chute d’Alpha Condé, joue la carte de la prudence.

Ces partis sont-ils réellement écoutés ou simplement utilisés pour légitimer une transition dont ils ne maîtrisent aucun paramètre ?

Une stratégie bien rodée

Ce n’est pas la première fois qu’un pouvoir en Guinée orchestre des rencontres pour calmer la tension. On connaît le schéma :

  1. On convoque les acteurs politiques pour donner l’image d’un dialogue ouvert.
  2. On les écoute poliment, sans engagements fermes.
  3. On utilise leur présence comme preuve d’un « processus inclusif ».
  4. On continue à gouverner comme avant.

À moins d’un revirement spectaculaire, ce « dialogue » risque d’être un énième tour de passe-passe politique. Les vraies décisions continueront de se prendre ailleurs, à huis clos, entre ceux qui détiennent réellement le pouvoir.

Et après ?

Si ce cycle de consultations n’aboutit à aucune avancée concrète sur le processus électoral, les libertés publiques et la gestion de la transition, il ne restera qu’une chose : une perte de temps pour les partis et un gain de temps pour la junte.

La Guinée a trop souvent vu ce genre de manœuvres dilatoires. La question n’est plus de savoir si le CNRD veut dialoguer, mais s’il est prêt à céder le pouvoir. Et ça, ces réunions feutrées ne nous le diront pas.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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