Thianguel Bah, le régime et leur logique binaire : l’intelligence politique sacrifiée sur l’autel du simplisme

Thianguel Bah, le régime et leur logique binaire : l’intelligence politique sacrifiée sur l’autel du simplisme

Dans une récente tribune, Thianguel Bah, ancien communicant de l’UFDG et désormais chantre du régime de transition, nous livre une vision désespérément binaire de la politique guinéenne : « Tu n’es pas avec moi, alors tu es contre moi. » Une approche digne des régimes autoritaires où toute pensée critique est assimilée à une menace, et où le débat démocratique se réduit à un choix entre soumission et persécution.

Thianguel, autrefois porte-voix d’une opposition réprimée, semble aujourd’hui recycler les mêmes mécanismes qu’il dénonçait hier. En relayant cette rhétorique simpliste et manichéenne, il ne fait que justifier la politique répressive d’un pouvoir qui n’a de transition que le nom.

Souleymane Thiâ'nguel Bah
Souleymane Thiâ’nguel Bah

L’art de retourner sa veste

Il fut un temps où Thianguel Bah se voulait un défenseur de la démocratie, un combattant pour les libertés. Aujourd’hui, il tient le discours typique des régimes en place, celui qui diabolise toute opposition et qui excuse l’inexcusable au nom de la « stabilité ».

L’histoire guinéenne regorge de ces intellectuels convertis à la cause du pouvoir après avoir goûté aux douceurs des privilèges d’État. Thianguel n’échappe pas à la règle. En s’alignant sur la logique du « camp du bien contre celui du mal », il devient complice du verrouillage politique orchestré par la junte.

Un régime en quête de justification

Derrière la rhétorique défendue par Thianguel Bah, se cache la stratégie bien huilée du CNRD : diviser les Guinéens, créer des ennemis imaginaires, et faire passer la répression pour une nécessité.

Dans un tel contexte, comment peut-on défendre une transition censée restaurer la démocratie alors qu’elle applique les méthodes mêmes des régimes autocratiques du passé ?

Le vrai choix n’est pas entre le régime et le chaos

Ce que Thianguel Bah et ses semblables refusent d’admettre, c’est que la Guinée mérite mieux qu’un choix entre la dictature militaire et l’instabilité.

La politique n’est pas un combat de football où l’on doit choisir une équipe et s’y tenir aveuglément. C’est une question de principes, de justice et de vérité. Mais visiblement, dans le monde de Thianguel Bah, la nuance est un crime, et la pensée critique un danger.

L’histoire jugera

À force de justifier l’injustifiable, Thianguel et les autres laudateurs du régime finiront comme ceux qui les ont précédés : rattrapés par l’histoire. Le CNRD tombera, comme tous les pouvoirs avant lui, et ceux qui l’auront servi avec excès découvriront que l’opportunisme est une arme à double tranchant.

En attendant, les Guinéens n’ont pas besoin de slogans binaires ou de choix forcés. Ils méritent une démocratie véritable, où la critique ne rime pas avec trahison, et où la loyauté au peuple prime sur la soumission aux puissants du moment.

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