« Transfo+ » : un racket organisé sous couvert de réforme ?
Quand l’État veut faire passer une purge économique pour une réforme bienveillante, il enrobe le tout d’un discours rassurant. « Le programme Transfo+ n’est pas un programme de sanction », affirme le Ministre Gando Barry , le DG d’Électricité de Guinée (EDG). Bien sûr. Et la déconnexion massive des immeubles des transformateurs publics n’est qu’une coïncidence…
L’art de maquiller la répression
Officiellement, Transfo+ vise à rationaliser la consommation d’électricité en coupant les branchements abusifs sur les transformateurs publics. Mais dans un pays où la gestion du courant relève plus de la loterie que d’un service structuré, cette mesure ressemble surtout à une épuration ciblée. Qui décide quels immeubles doivent être déconnectés ? Sur quels critères ? Mystère.
Si ce programme n’a rien d’une sanction, pourquoi les coupures frappent-elles plus durement certains quartiers que d’autres ? Pourquoi des bâtiments administratifs et des résidences influentes échappent-ils étrangement au couperet ?
Une manœuvre économique (et politique) bien huilée
Soyons clairs : derrière Transfo+, il y a une double manœuvre. D’un côté, EDG tente de combler ses déficits abyssaux en forçant les usagers à s’abonner individuellement et à payer rubis sur l’ongle. De l’autre, le pouvoir y voit une opportunité pour affaiblir certaines zones considérées comme peu dociles politiquement.
Car en Guinée, l’électricité n’a jamais été un simple service public. C’est une arme. On éclaire ceux qui plaisent, on plonge dans le noir ceux qui dérangent. Demandez aux habitants des quartiers populaires si leur compteur prépayé leur garantit réellement un service stable. Spoiler : non.
Une réforme ? Non, une escroquerie
Plutôt que d’améliorer la production et la distribution de l’électricité, EDG préfère couper. Plutôt que de moderniser les infrastructures, on préfère punir ceux qui, bien souvent, n’ont d’autre choix que de se raccorder aux installations publiques faute de solutions viables.
Le programme Transfo+ aurait pu être une vraie réforme. Mais en l’état, c’est juste une autre manière pour EDG de masquer son incompétence et d’augmenter la souffrance des Guinéens. Gando Barry peut bien nous assurer qu’il ne s’agit pas d’une sanction, mais une coupure reste une coupure. Et dans un pays où l’électricité est déjà un luxe, cette réforme ressemble à une facture déguisée en punition.
— conakrylemag


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