Yattayah-Fossidet : un camion de la mort fauche des vies devant le marché
Scène d’horreur ce matin à Yattayah-Fossidet, en plein cœur de l’agitation matinale d’un marché populaire, où un vieux camion hors d’âge, lancé comme une bête sans contrôle, a ramassé plusieurs personnes sur son passage. Bilan provisoire : deux morts confirmés, plusieurs blessés graves, et une population sous le choc.
Les images sont insoutenables, les cris glaçants, les corps inertes étalés à même le bitume. Et pourtant, ce n’est pas un fait divers exceptionnel. C’est le résultat banal d’un État qui ne contrôle rien, ne régule rien, et laisse les engins de la mort circuler en toute impunité.
Un camion, ou une tombe roulante ?
Le véhicule en cause, selon des témoins, était en piteux état. Freins défectueux, pneus lisses, carrosserie rouillée : une véritable épave sur roues. Mais comme tant d’autres, il circulait librement, sans souci apparent, dans une capitale où le chaos routier est devenu la norme, et où les contrôles techniques sont soit fictifs, soit achetés à coups de billets de 10.000 GNF.
Ce camion n’a pas simplement causé un accident. Il a illustré, en une course meurtrière, l’échec total des politiques de sécurité routière, l’indifférence des autorités locales, et la complicité silencieuse de tous ceux qui laissent circuler de telles bombes roulantes.
Un drame évitable, encore une fois
Ce drame aurait pu être évité. Comme tant d’autres avant lui. Mais en Guinée, il faut qu’il y ait du sang sur le goudron pour qu’on se souvienne qu’il y a un ministère des Transports, une police routière, une direction de la sécurité routière. Et encore. Même après ça, rien ne change.
Les camions pourris continueront de circuler. Les marchés resteront sans protection. Les piétons partageront la route avec des monstres métalliques sans assurance ni contrôle. Jusqu’au prochain drame.
Et là encore, on comptera les morts. On priera. On pleurera. Puis on oubliera.
Où est l’État ?
Où sont les autorités censées interdire la circulation de ces épaves ? Où sont les contrôles ? Les inspections techniques ? Les sanctions ? Où est le gouverneur ? Le maire ? Le ministre ? Qui répondra aux familles de ces deux innocents broyés par la négligence nationale ?
Les routes de Guinée ne sont pas dangereuses par fatalité. Elles le sont par abandon. Par irresponsabilité. Par impunité.
Yattayah pleure, le pays regarde ailleurs
Ce soir, deux familles pleurent. Des enfants sont orphelins. Des mères sont inconsolables. Un marché entier est traumatisé. Et pendant ce temps, le camion — ou ce qu’il en reste — git là, preuve matérielle d’une tragédie qu’on aurait pu éviter mille fois.
Mais en Guinée, le deuil est institutionnalisé. Le deuil de la prévention. De la rigueur. De la vie.
Yattayah n’est pas un cas isolé. C’est le reflet quotidien d’une Guinée qui roule sans freins, sans plan, sans responsabilité.
Et pendant que les moteurs grincent et les sirènes hurlent, le silence des autorités, lui, tue plus sûrement encore.
— conakrylemag


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