QUI A TRAHI QUI ?
Certains auraient peut-être voulu voir Thierno Monenembo se murer dans un silence monacal, fermer les yeux sur tout ce qu’il voit et s’accommoder de tout sous prétexte d’observer une neutralité qui, dans la réalité, a toutes les apparences d’une hypocrisie, d’une démission, d’une résignation.
En adoptant une telle posture, il aurait manqué à son devoir en tant qu’intellectuel.Un intellectuel qui ne dérange pas, qui tient des discours convenus pour ne pas contrarier n’en est pas un. Qu’il soit de telle ou telle communauté n’a pas de sens dès lors que les faits qu’il dénonce sont avérés.
La principale raison qui empêche certains » intellectuels » guinéens de prendre parti sur les grandes questions d’intérêt national est la crainte de se voir coller une étiquette politique ou communautariste. En Guinée, on s’intéresse moins au contenu d’un discours qu’au patronyme ou à l’ethnie de son auteur. Thierno Monenembo n’en a cure. Et il a raison.
La seule trahison dont Thierno Monenembo est coupable est celle de s’engager à visage découvert en prenant publiquement la parole et en dénonçant des faits et des actes que tout le monde peut voir à moins d’être aveugle. Combien de fois les Guinéens, toutes ethnies confondues, ont critiqué l’élite, les intellectuels guinéens pour leur silence et leur indifférence face aux multiples dérives que connaît notre pays ? Thierno Monenembo n’est-il pas un de ces intellectuels guinéens auxquels les Guinéens demandent de prendre la parole.
Il n’est pas à blâmer pour ses prises de position car tout autre intellectuel digne de ce nom aurait exprimé à peu près les mêmes positions face à la même situation. C’est peut-être son appartenance ethnique qui pose problème aux yeux de certains.
Mais tout comme on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas non plus son ethnie.Ceux qui sont à blâmer sont ceux qui ont tendance à tuer l’idéal démocratique , les aspirations profondes de millions de Guinéens : le respect des droits de l’homme, la justice, la démocratie etc. Ceux qui ont trahi, ce sont ceux qui se trouvent aujourd’hui aux antipodes de toutes les valeurs qu’ils prétendaient de défendre autrefois.
Thierno Monenembo est dans son droit de dénoncer cette duplicité, cette supercherie dont il est sans aucun doute l’une des nombreuses victimes. Comprenons-le. On a abusé de sa confiance comme de celle de millions d’autres Guinéens. C’est une victime.
Me Mohamed Traoré

— conakrylemag


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