Aboubacar Soumah à propos de Doumbouya : « Quand nous aurons le pouvoir… » ou la démocrature assumée sans complexe
Aboubacar Soumah ne cache plus ses intentions. En apportant son soutien public et sans réserve à la candidature déjà cousue de fil blanc du général Mamadi Doumbouya, le leader politique franchit une nouvelle étape dans la comédie démocratique orchestrée par le régime militaire. « N’ayons pas peur, lorsque nous aurons le pouvoir, nous allons l’exercer ensemble », a-t-il clamé haut et fort.
Voilà donc la stratégie enfin dévoilée sans ambiguïté : le pouvoir pour le pouvoir, assumé sans complexe. Après tout, pourquoi s’embarrasser encore des apparences démocratiques quand la junte au pouvoir ne fait même plus semblant d’y croire ?
Le masque tombe définitivement
Dans cette déclaration surréaliste, Aboubacar Soumah ne parle pas de programme, pas de réforme, pas d’intérêt national. Il parle simplement et brutalement de « pouvoir ». Le pouvoir à prendre, le pouvoir à conserver, le pouvoir à partager entre amis politiques et militaires.
Cette sortie révèle crûment l’état d’esprit réel des soutiens du régime : conquérir le pouvoir coûte que coûte, l’exercer pour eux-mêmes et à leur profit exclusif. Plus aucun effort n’est fait pour habiller le projet politique derrière des concepts de refondation ou d’intérêt public. Le message est clair : le pouvoir d’abord, la démocratie peut attendre.
Une démocrature en pleine lumière
Avec Aboubacar Soumah, le régime de Doumbouya n’a plus besoin de chercher une façade crédible. En évoquant ouvertement l’idée de « prendre et exercer le pouvoir ensemble », il avoue implicitement que la présidentielle prochaine est déjà verrouillée et pliée d’avance. L’élection devient ainsi une simple formalité destinée à légitimer une prise de pouvoir qui n’a rien de démocratique.
Ces propos ne sont pas une maladresse isolée : ils expriment précisément la mentalité autoritaire d’un régime qui n’a jamais réellement quitté l’uniforme, même en enfilant le costume civil.
Le peuple guinéen, éternel oublié
Dans cette prise de parole, une absence criante : le peuple guinéen. Aboubacar Soumah ne s’adresse pas aux citoyens, mais aux alliés politiques, aux complices du régime, aux bénéficiaires potentiels de cette future gouvernance partagée.
Cette absence en dit long : aux yeux du régime et de ses soutiens, le peuple est au mieux un simple spectateur, au pire une nuisance à gérer. La Guinée devient ainsi une propriété privée politique où l’accès au pouvoir est réservé à un club restreint d’initiés.
La démocratie confisquée, sans scrupules ni regrets
Cette déclaration d’Aboubacar Soumah est symptomatique d’un climat politique devenu toxique : les voix démocratiques sont muselées, les partis d’opposition suspendus, les militants interpellés, tandis que les soutiens au pouvoir affichent désormais leur arrogance sans crainte de répercussions.
Le régime Doumbouya et ses alliés ne cherchent même plus à cacher leurs intentions antidémocratiques. Ils assument ouvertement vouloir prendre le pouvoir pour en jouir pleinement, sans garde-fous, sans opposition, sans contrôle.
Un appel à la vigilance citoyenne
Face à cette transparence cynique, les citoyens doivent rester vigilants. Les intentions désormais clairement affichées par Aboubacar Soumah ne laissent aucune place au doute : la présidentielle à venir sera tout sauf démocratique, sauf si le peuple guinéen décide de se réapproprier le débat public.
La vigilance démocratique est désormais la seule arme face à cette machine politique déterminée à confisquer définitivement le pouvoir.
Aboubacar Soumah a parlé, le pouvoir aussi.
Maintenant, c’est au peuple guinéen de décider si ce projet politique assumé de dictature masquée lui convient, ou s’il choisit de résister à cette prise en otage de son avenir démocratique.
— conakrylemag


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