Candidature de Doumbouya : les mouvements de soutien pleuvent… et l’argent tombe du ciel
À Conakry, les t-shirts floqués « Doumbouya 2025 » sortent plus vite que les bulletins d’électricité. Des banderoles surgissent à chaque coin de rue. Les réunions de soutien se multiplient comme des champignons après l’orage. Le ballet des “mouvements citoyens” pro-général s’intensifie chaque semaine, et la machine de communication tourne à plein régime.
Mais une question obsède tout le monde : qui paie pour tout ça ?
Derrière l’euphorie mise en scène, les langues se délient, les suspicions s’épaississent, et l’argent coule… de sources opaques.
Ce ne sont pas des mouvements spontanés. Ce sont des campagnes de propagande finement orchestrées, huilées par des financements dont l’origine suscite aujourd’hui malaise, embarras et colère.
Une pluie de soutien… sous perfusion financière
Les affiches “Le peuple avec Doumbouya”, les cars de manifestants affrétés pour acclamer le « président du peuple », les réunions filmées en HD, les communiqués bien rédigés… rien de tout cela n’a l’air improvisé. Ce n’est pas un élan populaire : c’est une opération marketing politique à grande échelle.
Et les mouvements en question ? Des noms à rallonge, des structures apparues du jour au lendemain, des leaders méconnus… mais toujours bien financés. Qui leur paie leurs véhicules ? Qui imprime leurs centaines de banderoles ? Qui les équipe en matériel sonore, en repas, en per diem ?
Spoiler : ce ne sont pas des cotisations militantes.
L’État paie-t-il la propagande de celui qui « n’est pas encore candidat » ?
La grande hypocrisie, c’est que Mamadi Doumbouya n’a toujours pas officiellement déclaré sa candidature.
Et pourtant, tout est fait comme s’il était déjà en campagne. Pire encore, tout est fait avec des moyens que beaucoup soupçonnent d’être… publics.
Ce serait donc ça, la refondation promise ? Utiliser les deniers de l’État pour bâtir une base électorale artificielle ? Récompenser les zélateurs, pendant que les enseignants contractuels manifestent et que les hôpitaux tombent en ruine ? Oublier les promesses de neutralité de la transition, pour mieux préparer l’onction d’une nouvelle dictature par les urnes ?
La piste des fonds publics : taboue mais omniprésente
Officiellement, le gouvernement nie toute implication. Évidemment. Qui admettrait utiliser les fonds publics pour faire sa propagande personnelle ? Et pourtant…
- Des véhicules administratifs aperçus dans des rassemblements pro-CNRD.
- Des cadres de préfectures mobilisés dans les réunions de soutien.
- Des services de sécurité tolérants envers les attroupements pro-Doumbouya, alors que les opposants sont systématiquement matraqués.
Quand un régime réprime les meetings de l’UFDG ou du RPG, mais laisse les soutiens “spontanés” au chef de la junte occuper les rues, il ne finance peut-être pas directement, mais il bénit l’opération. Et ça revient au même.
Et si la vraie question était : pourquoi a-t-il besoin de tout ça ?
Un homme sûr de son bilan ne multiplie pas les fan clubs sponsorisés. Un dirigeant réellement aimé n’a pas besoin de militants payés à la journée.
Si Doumbouya est si populaire, pourquoi a-t-il besoin de 15 mouvements de soutien différents ? Pourquoi chaque manifestation pro-régime ressemble-t-elle à un meeting forcé sous promesse de riz et transport ?
La vérité, c’est que le pouvoir a peur. Il sait que la base ne suit plus. Que les promesses de refondation sonnent creux. Que le procès du 28 septembre a perdu toute crédibilité. Que les Guinéens veulent des élections, pas une reconduction camouflée.
Alors on meuble le vide politique avec des slogans, des affiches et des liasses bien placées.
Vers une présidentielle préfabriquée ?
À ce rythme, la future campagne électorale ne sera qu’une formalité.
- L’opposition muselée.
- Le fichier électoral taillé sur mesure.
- Les lois écrites à la hâte.
- La Constitution imposée par référendum.
- Et une armée de mouvements fictifs, financés pour applaudir un candidat encore silencieux mais déjà sacré.
Ce n’est pas une transition. C’est une installation méthodique. Un vernis démocratique sur une réalité autoritaire.
Le peuple paie la facture, les “mouvements” font la fête
Pendant que le riz est rationné, les fonctionnaires impayés, les enseignants rejetés, les patients meurent devant des hôpitaux fermés…
des groupes organisent des marches de soutien avec per diem, tee-shirts, DJ et transports climatisés.
La junte peut bien nier. Mais les Guinéens, eux, voient clair.
Ils savent qui finance.
Ils savent pourquoi.
Et surtout… ils savent que la vraie mobilisation viendra sans argent, sans tee-shirts, sans caméras.
Elle viendra le jour où le peuple, fatigué d’être spectateur de sa propre dépossession, décidera de redevenir acteur.
— conakrylemag


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