Condamnation de Kassory Fofana : justice ou une vengeance d’État ?

Une bataille judiciaire loin d’être terminée

Condamnation de Kassory Fofana : justice ou une vengeance d’État ?

L’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a été condamné par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Un verdict qui, loin de clore le dossier, ouvre un nouveau chapitre d’incertitudes et de luttes politiques.

Car derrière cette décision judiciaire, une question brûlante demeure : s’agit-il d’une vraie lutte contre la corruption ou d’un règlement de comptes politique orchestré par le CNRD ?


Un procès sous tension, une condamnation sous influence ?

Depuis son arrestation en 2022, Kassory Fofana est devenu l’un des symboles de la « chasse aux sorcières » menée par le CNRD contre les anciens dignitaires du régime Alpha Condé.

Mais la manière dont ce procès a été conduit soulève de sérieuses interrogations :

Une justice véritablement indépendante aurait élargi son champ d’action à toutes les formes de corruption, y compris celles qui sévissent actuellement sous la transition.


Une condamnation politique déguisée en croisade judiciaire ?

Le CNRD, au pouvoir depuis plus de trois ans sans calendrier électoral précis, cherche désespérément à légitimer sa présence en exhibant des « trophées judiciaires ».

Le danger, c’est que si la justice est instrumentalisée à des fins politiques, elle perd toute crédibilité.


Une bataille judiciaire loin d’être terminée

Les avocats de Kassory Fofana ont immédiatement contesté cette décision, et l’ancien Premier ministre pourrait encore se battre devant d’autres juridictions.

Mais jusqu’où ira cette affaire ?

Car dans un pays où les alliances politiques changent au gré des rapports de force, un condamné d’hier peut être un allié de demain.


Une justice crédible ou une machine à broyer les opposants ?

Si le CNRD veut prouver que cette condamnation est une vraie avancée judiciaire, il doit :

  1. Poursuivre aussi les détournements commis sous la transition.
  2. Ne pas limiter la justice aux seuls ex-membres du régime Alpha Condé.
  3. Garantir un traitement équitable pour tous, y compris ceux proches du pouvoir actuel.

Sinon, ce procès ne sera qu’un écran de fumée, destiné à justifier la mainmise du pouvoir militaire.

Les Guinéens ne sont pas dupes : une justice qui ne frappe que les ennemis du régime n’est pas une justice, c’est un outil de répression.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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