Doumbouya offre un 4×4 à un fédéral de l’UFDG à Kankan : corruption politique ou opération séduction à quatre roues motrices ?

Doumbouya offre un 4×4 à un fédéral de l’UFDG à Kankan : corruption politique ou opération séduction à quatre roues motrices ?

La scène semble sortie d’une mauvaise série politique. Mais non, c’est bien la réalité guinéenne version CNRD. Selon nos confrères de VisionGuinée, le général Mamadi Doumbouya aurait récemment offert un véhicule 4×4 flambant neuf à un responsable fédéral de l’UFDG à Kankan. Un geste « généreux », en apparence. En réalité, une manœuvre aussi grossière que dangereuse, symptomatique d’une transition qui a remplacé la confrontation politique par la corruption déguisée en bienveillance.

Un 4×4 pour faire rouler les convictions ?

À Kankan, bastion politique historiquement acquis au RPG, ce cadeau du chef de la junte à un cadre de l’UFDG a immédiatement provoqué des remous. Le plus inquiétant n’est pas l’offrande elle-même — après tout, la République des cadeaux est devenue la norme sous le CNRD — mais ce qu’elle symbolise : l’achat discret mais assumé d’alliés politiques dans les coins les plus stratégiques.

Car que vaut encore l’engagement politique dans un pays où un simple véhicule peut faire basculer une fidélité militante ? On ne parle plus ici d’un débat d’idées ou d’une adhésion à un projet de société. On parle d’un troc : une voix contre un volant, une loyauté contre une clé de contact.

« Qui est maudit pour refuser ça ? » — La phrase qui dit tout

C’est la petite phrase qui tue, balancée sans filtre :

« Qui est maudit pour refuser ça ? »
Une confession brutale, mais d’une honnêteté désarmante. Elle résume parfaitement l’état moral de la classe politique sous la junte : on ne croit plus en rien, on prend ce qu’il y a à prendre, on trahit en souriant, et surtout, on se tait.

Derrière cette phrase, un aveu national : l’idéologie est morte, les convictions ont été vendues, la dignité politique est négociable — parfois même à crédit.

L’UFDG affaiblie de l’intérieur ?

Ce geste n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une stratégie plus large : déstabiliser les partis politiques non pas frontalement, mais de l’intérieur.
Après avoir suspendu leurs activités officiellement, le régime attaque désormais la cohésion des bases, en distribuant ici des postes, là des véhicules, ailleurs des enveloppes. Une stratégie d’implosion lente mais efficace.

Aujourd’hui un 4×4 à Kankan. Demain peut-être un poste de coordinateur à Labé. Et après-demain, des silences bien payés à Conakry.

Le pouvoir n’achète pas la paix, il loue la trahison

Ce n’est pas la première fois que le régime cherche à amadouer ses opposants avec des « gestes symboliques » :

Mais ce que le pouvoir oublie, c’est que la trahison achetée n’est jamais durable.
On peut acheter une allégeance, mais jamais l’estime du peuple.
Et ces 4×4 offerts aujourd’hui finiront demain dans des fossés de l’Histoire — comme les régimes qui les ont distribués.

Transition ou tentation ?

Ce geste, aussi isolé semble-t-il, révèle le vrai visage de la transition en Guinée : une opération de charme toxique, où l’on neutralise l’opposition par l’argent, les privilèges, et la culpabilisation silencieuse.

Une fois encore, on ne construit rien. On distribue. On achète. On séduit. Et surtout, on divise.
Ce n’est pas une transition. C’est une dérive monarchique version 4×4.

Offrir une voiture à un responsable politique, c’est peut-être lui faire plaisir. Mais c’est surtout insulter des millions de Guinéens qui marchent à pied tous les jours vers un avenir toujours plus incertain.

À Kankan, c’est un moteur qui a vrombi. Mais dans tout le pays, c’est la conscience collective qui grince.
Et cette fois, aucune suspension hydraulique ne pourra amortir le choc.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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