Fallou Doumbouya et la peine “derisoire” d’Aliou Bah : quand le zèle dépasse le ridicule
C’est à se frotter les yeux. Alors que toute conscience lucide s’accorde à dire que le procès d’Aliou Bah est un montage politique grossier, voilà que surgit Fallou Doumbouya, président de l’INIDH (Institution nationale indépendante des droits humains), pour déclarer sans trembler :
« La peine infligée à Aliou Bah est excessivement dérisoire. »
Oui, vous avez bien lu. Dans un pays où l’impunité des puissants est légendaire, où des milliards sont détournés en toute tranquillité, où les droits humains sont piétinés à chaque coin de rue, la vraie indignation de Fallou Doumbouya, c’est qu’on n’ait pas assez puni un opposant politique pour avoir exprimé ses idées.
Quand le président d’une institution censée défendre les droits humains en arrive à réclamer plus de répression contre un homme déjà injustement emprisonné, c’est que l’État de droit est mort, enterré, et que ses fossoyeurs se battent pour pisser sur la tombe.
Aliou Bah : cible politique, pas délinquant
Aliou Bah n’a volé personne. Il n’a agressé, violenté ou fraudé. Il n’a ni enrichi sa famille, ni détourné un sou public. Son seul “crime” est d’avoir parlé. D’avoir dénoncé les dérives du régime militaire. D’avoir gardé sa colonne vertébrale quand tant d’autres se sont aplatis.
Le condamner déjà relevait d’un abus. Mais entendre le président de l’INIDH estimer que la sanction n’est “pas assez sévère”, c’est tout simplement ignoble. Une négation pure et simple de l’essence même des droits humains.
Fallou Doumbouya, surveillant en chef du goulag démocratique
Ce que Fallou Doumbouya vient de prouver, c’est que l’INIDH n’est plus un rempart, mais un bras armé de la propagande répressive. Plutôt que de dénoncer la criminalisation de la pensée, l’acharnement judiciaire, la détention arbitraire et les procès montés, il applaudit. Et il veut plus.
C’est comme si, en pleine injustice, le juge des droits humains s’emportait : “Mais frappez-le plus fort, voyons ! Il n’a pas assez saigné !”
Fallou Doumbouya n’est pas seulement indigne de sa fonction. Il l’a retournée contre les citoyens. Et au lieu de veiller sur les libertés, il veille sur la solidité des chaînes.
Un pouvoir qui applaudit ses bourreaux moraux
Il ne faut pas s’y tromper : si Fallou Doumbouya se permet une telle sortie, c’est qu’il sait qu’elle plaira au sommet. Il ne parle pas au nom du peuple. Il parle pour sécuriser sa place dans la machine, pour signaler sa loyauté aveugle, pour prouver qu’il est un bon soldat du régime, même sous le masque des droits humains.
Mais cette sortie est une gifle. Aux victimes réelles. Aux défenseurs sincères. Aux institutions sérieuses. Aux Guinéens qui croyaient, naïvement peut-être, que même en période de recul démocratique, les droits humains resteraient une ligne rouge.
Ce qui est dérisoire, c’est cette indignité officielle
Ce n’est pas la peine infligée à Aliou Bah qui est dérisoire. Ce qui est véritablement dérisoire, honteux, pathétique, c’est qu’un homme censé incarner la défense des opprimés se range du côté des oppresseurs. C’est que la parole publique soit utilisée pour déshonorer les principes qu’elle prétend incarner.
Fallou Doumbouya, en une phrase, a résumé la tragédie morale de ce régime : ceux qui devraient freiner la répression l’accélèrent. Ceux qui devraient protéger les libertés les ligotent. Ceux qui devraient veiller… dénoncent ceux qui crient.
Aliou Bah dort en prison, la tête haute. Fallou Doumbouya, lui, parade en conférence, l’âme en solde.
Et dans cette Guinée où le pouvoir retourne les institutions comme des gants, le vrai scandale n’est pas la peine trop faible… mais que l’on punisse la parole plus durement que le vol.
— conakrylemag


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