Guinée : le Barreau dit NON à la justice-bidon du CNRD
Le Barreau de Guinée frappe fort. Deux semaines de boycott des audiences, retrait de ses représentants des organes de la transition : ce n’est pas un caprice corporatiste. C’est un coup de gueule contre un État qui confond autorité et impunité. Les avocats passent à l’action, comme l’an passé, en juillet 2024 — une réaction au même schéma : arrestations arbitraires, disparitions, intimidations.
Un boycott qui n’est pas un luxe, mais une nécessité
Les avocats restent fidèles à leur rôle de sentinelles de l’État de droit. Ils ont voté massivement : pause sur toutes les audiences, même les procédures d’urgence. Ils ferment leurs robes, refusent les prétoires, privent le système judiciaire de sa force. Pourquoi ? Pour protester, encore, contre les arrestations et détentions arbitraires, pour dénoncer une justice instrumentalisée contre les innocents.
C’est un message clair : sans justice indépendante, pas de procès légitimes.
Une chorégraphie connue, un scénario revisité
Les responsables de la profession mettent les points sur les « i ». Leur mot d’ordre est conditionné : le boycott ne cessera que si les personnes détenues illégalement sont présentées à un juge. Ce mécanisme avait déjà paralysé la justice en 2024 — sur le cas Foniké Menguè et d’autres. Les avocats avaient brandi le boycott comme une arme de pression, et n’avaient plié que sous la condition du respect des procédures.
Quand la justice se meurt, le Barreau se soulève
Cela montre deux choses :
La justice guinéenne est en crise grave. Les avocats refusent d’endosser la responsabilité de jugements faussés. Le CNRD, lui, joue la surdité. Il ferme les yeux. Il fait mine de bâtir une République, pendant que les pratiques autoritaires se généralisent : arrestations sans mandat, enlèvements ciblés, procès expédiés.
Et maintenant ? Le CNRD reculera-t-il ?
Le dilemme est posé :
Si le pouvoir cède, reprend les détenus et rétablit les recours judiciaires, il pourra prétendre à un minimum de légitimité. S’il persiste, il n’aura plus qu’une seule option : bannir les avocats, museler totalement la justice, et verrouiller définitivement la société civile.
Au-delà des robes : un peuple ébranlé
Au fond, ce boycott dépasse la profession. Il est le reflet d’un peuple déçu, trahi, rendu méfiant envers des institutions régulièrement détournées. Les avocats ne se battent pas seulement pour des militants. Ils se battent pour l’honneur de la justice et la survie d’un système judiciaire qui évite à la Guinée le retour à l’arbitraire pur.
Une lutte pacifique mais incontournable
Ce n’est ni un coup de théâtre, ni un caprice. C’est un acte résolu, réfléchi, légitime. Et un avertissement sérieux : Cessez les abus ou assistez à l’effondrement du dernier pilier républicain. Faute de quoi, la Guinée pourrait ne jamais sortir de sa crise de transition, faute de justice digne de ce nom.
— conakrylemag


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