Médias guinéens : Thierno Amadou Camara prêche le changement, mais dans quel environnement ?
De retour du Salon de la Radio de Paris, le journaliste Thierno Amadou Camara appelle les radios guinéennes à « changer de paradigme », à évoluer, à innover. Très bien, mais comment faire quand la liberté de la presse est en sursis et que le régime actuel écrase toute voix dissidente ?
On peut parler de modernisation, de diversification des contenus, de nouveaux modèles économiques… Mais à quoi bon si les journalistes sont constamment sous pression, menacés, censurés, et parfois même arrêtés ?
Des médias sous surveillance, une presse muselée
Il est bien beau de vouloir inspirer une transformation des radios guinéennes, mais le vrai problème n’est pas seulement technologique ou éditorial, il est politique.
- Les journalistes qui osent critiquer le régime sont traqués.
- Des médias sont suspendus ou fermés à la moindre fausse note.
- L’autocensure devient la norme, faute d’un espace de liberté garanti.
Dans un pays où la transition militaire contrôle l’information et considère la presse comme un danger, il est illusoire de parler de révolution médiatique sans évoquer d’abord la question fondamentale de la liberté d’informer.
Changer de paradigme… ou de régime ?
Ce que les médias guinéens ont réellement besoin de changer, ce n’est pas seulement leur format, mais surtout l’environnement dans lequel ils opèrent.
- Quel intérêt d’avoir des radios modernes si elles ne peuvent pas traiter des sujets critiques sans risquer la censure ?
- Pourquoi innover quand l’État a la main sur l’octroi des fréquences et peut couper une station à tout moment ?
- Comment parler de progrès médiatique dans un pays où les médias d’État restent des outils de propagande au service du pouvoir ?
Thierno Amadou Camara a raison sur une chose : la radio doit évoluer. Mais le premier combat à mener, c’est celui de la liberté.
Sans une presse réellement indépendante, changer de paradigme ne sera qu’un slogan creux dans un pays où la parole est déjà confisquée.
— conakrylemag


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