Procès Aliou Bah à huis clos : quand la justice guinéenne verrouille les portes pour mieux bâillonner la vérité

Procès Aliou Bah à huis clos : quand la justice guinéenne verrouille les portes pour mieux bâillonner la vérité

Ce mardi, la cour d’appel de Conakry s’est refermée comme une forteresse, interdisant l’accès aux médias et au public dans le cadre du procès en appel d’Aliou Bah, président du MoDeL (Mouvement Démocratique Libéral). Une décision aussi violente qu’absurde, symptomatique d’un système judiciaire sous contrôle politique, où la transparence n’est plus qu’un mot vide de sens, et où la vérité dérange tellement qu’on la condamne… à huis clos.

Un huis clos de la honte, pas de justice

Lorsque la justice refuse la lumière des projecteurs, c’est rarement pour protéger les innocents. En interdisant l’accès des journalistes et du public à ce procès hautement symbolique, la cour d’appel ne fait pas que violer un principe fondamental de l’État de droit : elle confirme que ce procès est politique, biaisé, et orchestré en coulisses.

Car si les charges retenues contre Aliou Bah tenaient réellement la route, si la procédure était régulière, si les juges étaient indépendants… pourquoi alors cacher les débats ? Pourquoi priver l’opinion publique du droit d’observer un procès aussi crucial ?

Une stratégie du silence imposée par le pouvoir

Aliou Bah, emprisonné pour ses prises de position politiques, est l’un des derniers symboles d’une opposition debout dans un pays à genoux. Son procès est un révélateur. Et le pouvoir le sait. Voilà pourquoi il ferme les portes, verrouille les bancs, et muselle la presse.

Ce huis clos n’est pas une exception procédurale : c’est une stratégie froide et délibérée de confiscation de la vérité. La même qui a conduit à la suspension des partis d’opposition, à l’arrestation de militants, à la fabrication d’un fichier électoral dans le noir, à la rédaction clandestine d’une nouvelle Constitution.

On cache ce qui dérange. On enferme ce qu’on ne peut plus contrôler. Et on fait croire au peuple qu’il y a encore une justice.

Une justice de plus en plus aux ordres

Cette décision de fermer les portes du procès au public confirme une chose : la justice guinéenne n’est plus un contre-pouvoir. Elle est devenue un bras armé du pouvoir.

Ce n’est pas un procès. C’est une punition programmée. Et chaque jour que passe Aliou Bah derrière les barreaux est une preuve supplémentaire que la justice n’existe plus en Guinée pour ceux qui osent défier le régime.

Un silence qui n’éteindra pas la colère

Le pouvoir pense peut-être qu’en excluant les journalistes, il étouffera l’affaire. Mais c’est mal connaître l’effet du huis clos : il ne protège pas, il suspecte. Il ne calme pas, il enflamme.

Et plus ce procès est confiné, plus l’opinion s’interroge, s’indigne, se mobilise.

Aliou Bah n’est pas seul. Chaque citoyen qui assiste impuissant à cette parodie judiciaire comprend désormais que personne n’est à l’abri quand le droit devient un outil de vengeance.

Aliou Bah, voix interdite mais toujours entendue

Privé de liberté, privé de visibilité, Aliou Bah reste néanmoins plus audible que jamais. Car il incarne quelque chose que le régime ne pourra jamais enfermer : le refus de se taire, la dignité dans la résistance, la force tranquille de ceux qui n’ont rien à cacher.

Et pendant que les portes de la cour d’appel se ferment, la conscience collective, elle, s’ouvre de plus en plus. Le peuple guinéen voit, comprend, retient.

Un procès sans public est une gifle à la justice.

Un procès sans journalistes est une insulte à la vérité.

Un procès sans lumière est un aveu de culpabilité… du régime.

Aliou Bah est peut-être jugé aujourd’hui, mais c’est le pouvoir qui se condamne un peu plus chaque jour à la honte, à l’isolement, et à l’effondrement politique.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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