Référendum constitutionnel fixé au 21 septembre 2025 : le CNRD veut couronner son coup d’État par les urnes
C’est officiel : la mascarade constitutionnelle entre dans sa phase finale. Par décret, le régime de Mamadi Doumbouya vient de fixer la date du référendum pour l’adoption d’une “nouvelle Constitution” au 21 septembre 2025.
Le décor est planté, les urnes sont en chemin, et le piège démocratique se referme sur le peuple guinéen. Car ne nous y trompons pas : ce référendum n’est pas un acte républicain. C’est la dernière étape d’un coup d’État maquillé en transition, un stratagème grossier pour institutionnaliser un pouvoir militaire déguisé en civil.
Un texte écrit dans l’ombre, pour valider une ambition personnelle
À ce jour, le contenu intégral de la nouvelle Constitution reste flou. Quelques bribes ont été distillées dans les médias : renforcement de l’exécutif, flou autour de la durée des mandats, création d’organes “indépendants” sous influence présidentielle… mais aucune consultation populaire sérieuse, aucun débat public transparent.
Le texte est écrit par et pour ceux qui détiennent les armes. Pas par les citoyens. Encore moins pour eux.
Le but n’est pas d’instaurer une démocratie. Le but est simple : offrir à Mamadi Doumbouya une rampe légale vers une présidence “civile”, tout en verrouillant le système politique pour longtemps.
Une date bien choisie, un calendrier taillé sur mesure
Le choix du 21 septembre n’est pas anodin. Il permet : de présenter le processus comme crédible aux partenaires internationaux ; de faire croire que la transition avance, alors qu’elle piétine depuis des mois ; et surtout, de caler un faux “retour à l’ordre constitutionnel” juste avant l’échéance électorale présidentielle… dont le futur candidat est connu de tous, mais encore officiellement silencieux : Mamadi Doumbouya himself.
La boucle est bouclée : on s’empare du pouvoir par les armes, on gèle la vie politique, on écrit une Constitution sur mesure, on organise un référendum sans débat, et on en sort… président élu.
Un référendum sans opposition, sans partis, sans pluralisme
Comment organiser un référendum crédible dans un pays où : les partis politiques sont suspendus depuis plus d’un an ? les opposants croupissent en prison ou en exil ? les médias critiques sont muselés ou harcelés ? le fichier électoral est en cours de refabrication accélérée par un recensement expédié en 45 jours ?
Réponse : on ne le fait pas pour être crédible. On le fait pour se donner une façade. Une mise en scène. Un bulletin de vote comme costume de légitimité.
Le peuple votera ? Peut-être. Mais dans quelles conditions ? Avec quels moyens ? Avec quel encadrement neutre ? Avec quels observateurs ?
Une Constitution qui sert un homme, pas une nation
Les Constitutions dignes de ce nom naissent d’un consensus, d’un dialogue, d’une aspiration collective. Celle que le CNRD veut imposer naît du silence imposé, de la peur et de la fatigue nationale.
Ce texte sera peut-être validé. Mais pas légitimé.
Il sera voté. Mais jamais respecté.
Car une Constitution bâtie sur un mensonge d’État ne produit que l’instabilité, l’exclusion et la colère.
Guinée, 21 septembre 2025 : vers un plébiscite en treillis
Le référendum du 21 septembre ne sera pas un moment démocratique. Ce sera une cérémonie de reconduction du pouvoir militaire, une validation par les urnes de ce que les armes ont imposé.
Et si la junte s’imagine que ce bulletin leur garantira la paix sociale et le silence du peuple, elle se trompe lourdement.
Car la Guinée ne se laissera pas éternellement confisquer.
Ni par les fusils.
Ni par les fausses Constitutions.
Ni par les urnes verrouillées.
Le peuple guinéen a déjà voté plusieurs fois pour sa liberté.
Et tôt ou tard, il la reprendra — sans décret, sans délais, et sans permission.
— conakrylemag


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