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Akufo-Addo face aux putschs : Un cri d’alarme justifié, mais une démocratie à repenser

Akufo-Addo face aux putschs : Un cri d’alarme justifié, mais une démocratie à repenser

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a récemment dénoncé la montée en puissance des coups d’État en Afrique de l’Ouest, un phénomène qui, selon lui, menace la stabilité de la région et les acquis démocratiques.

Sur le fond, il a raison. L’armée n’a pas vocation à gouverner, et les transitions militaires, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître à court terme, finissent presque toujours par reproduire les mêmes dérives que les régimes qu’elles renversent.

Mais si Akufo-Addo veut réellement stopper cette spirale des putschs, il doit aussi regarder la réalité en face : ces coups d’État ne naissent pas du vide.

Des putschs qui naissent du mépris des peuples

En Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Niger, les régimes civils déchus avaient tous un point commun : ils ont perdu la confiance de leurs citoyens.

• Des élections truquées, des constitutions taillées sur mesure pour prolonger des mandats.

• Une corruption endémique qui prive les populations des richesses nationales.

• Une élite politique totalement déconnectée des réalités du peuple.

Face à cette faillite du leadership civil, les militaires ont occupé un vide laissé béant par des dirigeants devenus sourds aux cris de leurs citoyens.

Akufo-Addo a raison de s’alarmer, car les transitions militaires sont rarement des solutions viables. Mais pourquoi les dirigeants ouest-africains ne se mobilisent-ils pas avec autant de force contre les abus des régimes dits démocratiques ?

Une CEDEAO à deux vitesses : indulgence pour les civils, fermeté pour les militaires

La CEDEAO, organisation censée défendre la démocratie en Afrique de l’Ouest, est devenue un syndicat de chefs d’État qui protège avant tout ses membres.

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• Elle est restée silencieuse lorsque Alpha Condé et Alassane Ouattara ont tripatouillé la Constitution pour s’éterniser au pouvoir.

• Elle a ignoré les dérives autoritaires et la répression sous certains régimes dits “démocratiques”.

• Mais elle a sanctionné immédiatement les militaires qui ont pris le pouvoir après des crises politiques que ces mêmes élites ont provoquées.

Akufo-Addo ne peut pas défendre la démocratie en se contentant de condamner les putschs. Il doit aussi combattre les causes qui les rendent inévitables.

Une voix qui doit peser pour une vraie refonte démocratique

Le président ghanéen est l’un des derniers chefs d’État ouest-africains à avoir une légitimité démocratique réelle. Contrairement à d’autres, il n’a pas modifié la Constitution pour s’accrocher au pouvoir, ni cherché à imposer une présidence à vie.

C’est précisément pour cela qu’il doit aller plus loin :

• Plaider pour une CEDEAO plus ferme contre les manipulations constitutionnelles.

• Exiger que les chefs d’État africains cessent d’instrumentaliser la démocratie pour s’éterniser au pouvoir.

• Travailler à renforcer les institutions indépendantes pour empêcher les crises politiques qui mènent aux coups d’État.

Akufo-Addo ne peut pas se contenter de dénoncer les putschs sans appeler à une vraie refondation démocratique en Afrique de l’Ouest.

Arrêter les putschs, mais aussi éviter qu’ils ne deviennent inévitables

Si les militaires prennent le pouvoir, c’est souvent parce que les peuples sont abandonnés par leurs dirigeants.

Si la démocratie en Afrique n’est qu’un jeu de dupes, où les élections sont une formalité et les Constitutions une simple variable d’ajustement pour les dirigeants en place, alors les putschs continueront – avec ou sans le discours d’Akufo-Addo.

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Son appel doit être entendu, mais il doit aussi être accompagné d’un combat sincère pour une gouvernance plus juste, plus transparente et réellement au service des citoyens.

Car une chose est sûre : si les dirigeants africains ne tirent pas les leçons de cette vague de putschs, d’autres viendront, encore et encore.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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