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Bitumage à Bissikirima : goudron sur la route, poudre aux yeux pour le peuple

Bitumage à Bissikirima : goudron sur la route, poudre aux yeux pour le peuple

Ah, le goudron ! Cet éternel argument de campagne, ce mirage de développement que les régimes africains dégainent quand ils n’ont plus rien à dire. En Guinée, on connaît la chanson par cœur : une route se bitume, et voilà un ministre en transe, un préfet en extase, un griot politique qui s’enflamme devant les caméras pour chanter les louanges du “chef suprême de la solution”. Dernier épisode de cette tragi-comédie nationale : le lancement du bitumage du tronçon Bissikirima–Dinguiraye, avec à la clé la déclaration ubuesque de Thierno Mamadou, pour qui « le général Mamadi Doumbouya est la solution ». Sérieusement ?

Goudronner une route et goudronner la cervelle du peuple : deux chantiers parallèles

Bitumer une route, c’est bien. C’est même nécessaire. Mais présenter cela comme un miracle, comme une œuvre céleste offerte par un général messianique, c’est non seulement infantilisant, mais franchement insultant. En 2025, dans un pays riche en bauxite, en or, en fer, voir un responsable politique s’émerveiller qu’on pose du goudron relève du sketch.

Rappelons que le bitumage de routes secondaires est une obligation républicaine, une fonction basique de l’État. Pas un cadeau tombé du ciel. Pas une faveur présidentielle. Et encore moins un motif de divinisation du chef de la junte. C’est la contrepartie minimale de nos taxes, de nos impôts, de nos richesses minières pillées depuis des décennies.

Thierno Mamadou, griot d’un pouvoir sans bilan

Ce qui choque le plus, ce n’est pas le projet en lui-même, mais le degré de soumission intellectuelle dans les discours qui l’accompagnent. Pour Thierno Mamadou, ce simple projet routier prouve que Mamadi Doumbouya est « la solution ». La solution à quoi, exactement ? À l’effondrement démocratique ? À la répression politique ? À la désillusion collective ? À la fuite massive de cerveaux ? À l’inflation galopante ? Ou peut-être à l’humiliation quotidienne des citoyens aux mains de forces de sécurité incontrôlées ?

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Non, monsieur Thierno, bitumer une route n’efface pas les prisons pleines d’opposants, les médias bâillonnés, les partis suspendus, les journalistes intimidés et les libertés piétinées. Une route, fût-elle bien tracée, ne mène nulle part si elle est posée sur un champ de ruines institutionnelles.

Mamadi Doumbouya, “solution” ou camouflage d’un pouvoir à la dérive ?

Le plus triste, dans cette affaire, c’est qu’on tente encore de faire croire au peuple que le béton et le goudron sont des réponses politiques à la misère morale et démocratique du pays. Que quelques kilomètres de route suffisent à justifier un pouvoir sans vision, sans légitimité, sans dialogue. Mamadi Doumbouya n’est pas “la solution”. Il est, pour beaucoup, le prolongement d’un problème structurel : la confiscation du pouvoir par les armes et son maintien par la peur.

Un véritable “solutionneur” aurait engagé un retour rapide à l’ordre constitutionnel, instauré une justice indépendante, libéré la parole publique, garanti la liberté de la presse, et lancé des élections libres. Pas un concours de bitumage pour impressionner les préfets en quête de carottes administratives.

Une route pour distraire, pas pour développer

Le timing de ce lancement est d’ailleurs révélateur : alors que le climat social est tendu, que les appels à la transition s’intensifient, que la colère gronde face aux dérives autoritaires, on nous sort le vieux joker de la route à bitumer. Un classique du régime Condé, recyclé par la junte, emballé dans une propagande de “solution miracle”.

Mais à quoi bon une route, si elle mène vers un avenir confisqué, une jeunesse désabusée, un peuple bâillonné ? À quoi sert un pont, si c’est pour mieux fuir un pays devenu invivable ? À quoi bon un goudron flambant neuf, quand les idées, elles, roulent dans la boue de la peur et de la soumission ?

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Goudron sur les routes, sable dans les yeux

Oui, bitumer la route Bissikirima–Dinguiraye est une bonne chose. Mais en faire une propagande nationale, un hymne à la gloire du général-président, c’est la preuve éclatante qu’on n’a plus rien à proposer au peuple. Aucun vrai projet de société. Aucun calendrier de retour à la démocratie. Aucun espoir concret. Juste du goudron, du bruit et des griots politiques.

Quant à Thierno Mamadou et consorts, qu’ils continuent de lécher les bottes du pouvoir au lieu de les questionner. L’Histoire retiendra qu’ils ont choisi l’aveuglement confortable plutôt que le courage démocratique.

En attendant, les Guinéens, eux, continueront de marcher, souvent à pied, parfois sur des routes neuves, mais toujours dans une République cabossée, sans horizon clair. Parce que le vrai bitumage dont la Guinée a besoin, c’est celui de son avenir démocratique, pas celui de ses illusions politiques.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

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