
Simandou : 15 % pour l’État, 100 % pour la propagande du CNRD
Ils ont osé. Oui, ils ont osé nous vendre une simple participation de 15 % dans un projet minier comme une « victoire historique » du CNRD. Une telle audace mérite d’être saluée… ou plutôt moquée. Car il faut bien l’admettre, dans l’art de maquiller la médiocrité en exploit glorieux, la junte excelle.
Pendant que les Guinéens peinent à se nourrir, que les salaires sont dérisoires, que le coût de la vie atteint des sommets, le CNRD s’offre un tour de communication minable, célébrant une aumône de 15 % dans un projet qui pèse des dizaines de milliards de dollars.
Mais si la junte avait un minimum de respect pour l’intelligence collective, elle aurait dû répondre à une question simple : 15 % de quoi, exactement ?
Un deal « généreux »… pour les multinationales
Derrière la poudre aux yeux, la réalité est brutale. Simandou, l’un des plus grands gisements de fer du monde, reste largement dominé par des multinationales qui, elles, n’ont pas eu besoin de crier victoire.
- Rio Tinto et Winning Consortium se partagent l’essentiel du gâteau.
- Les bénéfices réels iront dans les poches de quelques oligarques et investisseurs étrangers.
- La Guinée, quant à elle, récoltera les miettes… et les discours triomphalistes.
Le CNRD peut-il nous expliquer comment, en 2025, dans un pays censé être souverain, une ressource aussi stratégique peut encore être bradée à des intérêts étrangers, avec un État réduit à quémander 15 % de participation comme une faveur ?
Les Guinéens s’appauvrissent, les élites s’enrichissent
Pendant que la junte se félicite bruyamment de cet « exploit », la réalité du terrain est bien différente :
- Le prix des denrées alimentaires explose. Le sac de riz coûte une fortune, le gombo devient un produit de luxe, et les fonctionnaires, mal payés, ne savent plus comment survivre.
- Les infrastructures sont en ruine. Les hôpitaux manquent de tout, les écoles tombent en lambeaux, et les routes sont impraticables.
- L’argent du pays disparaît dans des circuits opaques. Qui peut nous dire où vont réellement les revenus miniers déjà existants ?
Mais rassurez-vous, le CNRD a 15 % dans Simandou ! Qu’importe si 90 % des Guinéens n’en verront jamais les retombées, tant que quelques généraux et ministres continuent de s’enrichir sur le dos du peuple.
Une « victoire » qui cache l’échec total du CNRD
Cette pseudo-négociation autour de Simandou est à l’image de la gouvernance actuelle : une immense mise en scène destinée à masquer l’absence totale de vision économique, de politique sociale et de réformes structurelles.
Car pendant que la junte célèbre ses 15 % :
- Les jeunes fuient le pays, bravant la mer et le désert, désespérés par l’absence de perspectives.
- Les investisseurs sérieux hésitent à s’implanter, effrayés par l’instabilité et la gestion opaque des affaires publiques.
- Les libertés se rétrécissent, avec une répression croissante contre les voix dissidentes.
Mais bien sûr, tout va bien en Guinée, puisque nous avons 15 % de Simandou !
Le CNRD vend du vent, et le peuple paie l’addition
Les vrais acquis, ce sont ceux qui améliorent concrètement la vie des Guinéens. Une augmentation des salaires, une baisse du coût des aliments, un accès gratuit aux soins, des routes praticables, ça, ce sont de véritables victoires.
Mais 15 % dans un projet que nous aurions dû contrôler à 100 %, ça, c’est de la mendicité.
Au lieu de fanfaronner, le CNRD devrait avoir l’honnêteté de dire la vérité : la Guinée continue d’être pillée, et le régime, loin de lutter contre cette injustice, y participe activement.
Mais bon, qui s’en soucie ? Les généraux roulent en V8, les multinationales encaissent les milliards, et le peuple… eh bien, il survivra. Ou pas.
— conakrylemag




