
Bah Oury promet un retour à l’ordre constitutionnel en 2025 : parole en l’air ou engagement réel ?
Le Premier ministre Bah Oury l’assure : en 2025, la Guinée retrouvera l’ordre constitutionnel. Une déclaration qui, sur le papier, semble être un engagement ferme. Mais à force d’entendre les mêmes promesses depuis 2021, les Guinéens ont appris à se méfier des discours sans lendemain.
Dans un pays où la transition militaire se prolonge indéfiniment sous prétexte de « réformes nécessaires », cette annonce ressemble plus à une tentative d’apaisement qu’à une garantie réelle d’élections crédibles.
Un engagement flou, une transition sans fin
Depuis la prise de pouvoir par le CNRD en septembre 2021, chaque échéance annoncée a été repoussée sous divers prétextes. Le chronogramme électoral, censé fixer une trajectoire claire, n’a cessé d’être modifié au gré des décisions du pouvoir militaire.
Bah Oury affirme que le retour à l’ordre constitutionnel est une certitude pour 2025, mais il se garde bien de donner une date précise pour les élections, ni d’expliquer comment le gouvernement compte garantir un processus transparent.
L’absence d’un calendrier clair et contraignant laisse la porte ouverte à d’autres reports. La stratégie est bien connue : gagner du temps, entretenir l’illusion du progrès et repousser l’inévitable.
Une scène politique verrouillée
Si Bah Oury veut être crédible, il devra expliquer comment un retour à l’ordre constitutionnel est possible alors que l’espace politique est verrouillé :
Les leaders de l’opposition sont sous pression, certains en exil, d’autres poursuivis par la justice. Les partis politiques peinent à organiser des réunions, leurs congrès étant souvent interdits. Les manifestations sont réprimées, et la liberté d’expression réduite à peau de chagrin.
Comment organiser des élections crédibles dans un climat où la contestation est muselée et où la CENI reste sous influence du pouvoir militaire ?
Un discours pour rassurer la communauté internationale ?
Cette déclaration de Bah Oury intervient alors que la pression internationale s’intensifie sur la junte guinéenne. La CEDEAO et d’autres partenaires étrangers exigent des engagements concrets pour le retour à un régime civil.
Affirmer que 2025 marquera la fin de la transition permet de calmer les inquiétudes… sans pour autant garantir que le processus arrivera à son terme. Il s’agit d’un engagement purement verbal, qui n’a de valeur que si des actes concrets suivent.
Les Guinéens ne veulent plus de promesses, mais des actes
Si le gouvernement de transition veut être pris au sérieux, il doit immédiatement fixer une date précise pour les élections et donner des garanties sur la transparence du processus.
Les discours ne suffisent plus. Ce qui compte, c’est la volonté réelle de remettre le pouvoir aux civils et de garantir des élections libres.
Sinon, cette promesse ne sera qu’une illusion de plus, destinée à maintenir les Guinéens dans l’attente… pendant que la junte consolide son pouvoir.
— conakrylemag




