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Baidy Aribot député de l'UFR de Kaloum
Baidy Aribot député de l'UFR de Kaloum

Affaire 500 millions du chef de file de l’opposition Baidy note une transaction opaque

Confidences PUBLIQUES Baidy note une transaction opaque qui souille l’image de Dalein

L’affaire 500 millions de FG alloués au chef de file de l’opposition continue d’alimenter les débats dans les milieux politiques guinéens. Une situation qui fait également réagir le député uninominal de Kaloum, qui se dit favorable à une enquête parlementaire sur la chose.

De l’avis du secrétaire

D’exécutif de l’Union des

forces républicaines (Ufr), Baïdy Aribot, il s’agit là d’une subvention. Du moment où c’est le gouvernement qui donne sans que les députés ne se penchent sur la question. «Or, la loi sur le Statut du chef de file de l’opposition a prévu en son article 14 que tout avan- tage lié à ce poste est examiné et autorisé par résolution de l’Assemblée nationale.

A partir du moment où ce n’est plus le cas, je pense que c’est une subvention. Et c’est très dom- mage que le chef de file de l’opposition entre en posses- sion d’une subvention d’un gouvernement qu’il considère comme celui qui se plait dans le déni et le non-droit, et à qui il a été toujours reproché de mal gérer ce pays.

Donc, à partir du moment où vous vous faites payer une subvention par ce même gouvernement, eh bien, vous cessez d’être un opposant. Et là, vous vous retrouvez aussi dans la soupe comme ce que vous reprochez aux autres», fait remarquer l’ancien ministre de la Jeunesse et des sports.

Le texte sur le statut du chef de file de l’opposition a été voté à l’unanimité par les députés.

Que cela soit clair ! Et d’ailleurs personne ne remet cela en cause. Ce statut existe donc avec tout ce qui est comme dispositions à prendre pour que son fonctionnement soit correctement appliqué selon les textes.

Chef de file de l’opposition, une institution ou une personne physique ?

Sur les antennes de la radio Espace FM l’autre semaine, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) déclarait que les 500 millions de FG lui reviennent tout seul en tant que le leader de la formation politique qui a plus de députés au Parlement après le parti au pouvoir.

Et comparant cette subvention à celle que perçoit son confrère du Mali, Cellou Dalein Diallo a indiqué que celle-ci est vrai- ment raisonnable : 5 milliards de FG pour lui contre l’équiva- lent de 7 milliards de FG pour Soumaila Cissé du Mali.

Plus loin, la figure de proue de l’opposition guinéenne a dit que son parking de pickup est aujourd’hui vieillissant et que cet argent l’aiderait à le renouveler, non sans occulter

le coût que nécessite la présen- tation des candidats dans les différentes communes rurales du pays.

Le coût que cela nécessite, le président de l’Ufdg l’a relativisé à pas moins de 2 milliards de FG. Mais Baïdy Aribot invite les uns et les autres à lire le texte instituant le chef de file de l’opposition.

«L’aspect avantage reste encore à examiner. Mieux, dans certains pays, les choses sont claires : c’est une institution. Alors que Cellou Dalein Diallo dit pour sa part que ce n’est pas une institution, plutôt une fonction personnifiée. Or, ce n’est nullement le cas. A partir du moment où l’Etat met des fonds publics à la disposition d’un démembrement, nous considérons que c’est une institution. Et comme telle, elle doit être régie par des règles qui déterminent son fonctionne- ment», enseigne le parlemen- taire.

«A partir du moment où vous avez reçu l’argent de l’Etat sans obéir à cette procédure, pour nous, il y a un déni de droit. Pour nous, il s’agit d’une sorte de transaction opaque caractérisée par un manque de transparence. Et puis, on nous dit que c’est dans le fonds commun de l’Etat qu’on a pris cet argent. Mais le fonds commun de l’Etat, tout le monde sait comment il est régi : ce sont des dépenses imprévues», fait noter Baidy Aribot.

Le député UFR fonde son argu- mentaire sur tout ce tollé qu’a suscité dans la cité cette affaire. Puisqu’au lendemain seule- ment de la révélation faite par Faya François Bourouno du Pedn, des voix, comme celle du député uninominal de Gaoual, se sont élevées pour réfuter l’accusation portée à l’encontre de Cellou Dalein Diallo.

Toute chose ayant contraint ce dernier à fournir sa part de vérité dans une affaire qu’il n’avait vrai- semblablement pas envie d’étaler sur la place publique. Une situation que regrette Baïdy Aribot qui y voit plusieurs facteurs militant pour le fait que l’image et la crédibilité de l’opposition sont écorchées. «Premièrement, énumère-t-il, ce n’est pas le chef de file de l’opposition ou son groupe parlementaire qui a proposé

ces dépenses à l’Assemblée. Ensuite, tout ce qui s’est passé, c’était dans la discrétion et dans une transaction opaque la plus totale. Il a fallu d’autres personnes pour que nous sachions que la transaction pareille se passe en sourdine quelque part entre des membres du gouvernement et le chef de file».

Depuis l’élévation de Sidya Touré au poste de Haut représentant du chef de l’Etat suivie de la nomination de son chef de Cabinet, Mohamed Tall ministre de l’Elevage et des productions animales, la 3e force politique du pays ne revêt plus de confiance aux yeux de ses anciens collaborateurs, notamment de l’Ufdg. Aujourd’hui, Baïdy Aribot ne reconnait plus ses détracteurs.

Mais avant, il soutient que l’on doit être amené à s’interroger s’il y a une alternative crédible au changement auquel le peuple aspire que de se lancer dans le débat sur le positionnement, de repositionnement ou d’acrobatie avec telle ou telle autre opposition.

«Nous, quand nous avons décidé de quitter l’opposition républicaine, nous l’avons assumé. D’ailleurs, nous l’avons dit avant de le faire. Et quand nous sommes allés chez Alpha Condé, on ne s’est pas caché dans les fleurs. On a affirmé devant tout le monde notre collaboration avec lui. Et nous suivons cette démarche en tant que parti libre et indépendant. Mais nous ne recevons pas la subvention».

A l’allure où vont les choses, l’histoire semble avoir donné raison à Alpha Condé qui, dans un passé relativement récent, jurait de faire cesser de parler de l’opposition en Guinée. Un challenge qu’il semble bien avoir réussi, en ce sens que les pseudo-opposants sont plutôt opposés à eux-mêmes qu’au système de gouvernance qui se trouve largement en deçà des attentes de la population d’un opposant historique devenu président de la République.

Et comme le dirait Alpha Blon- dy : «Tout change. Tout évolue. Seuls les imbéciles ne chan- gent pas».

Par Mady Bangoura

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