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Naby Keïta
Naby Keïta

ALLEMAGNE – 33E JOURNÉENaby Keïta (RB Leipzig) : «On n’était pas programmé pour être champion»

Malgré son statut de promu et l’exaspération qu’il génère chez les fans allemands, le RB Leipzig a joué les premiers rôles cette saison en Bundesliga. Et s’il n’a pas réussi à priver le Bayern d’un nouveau titre, Naby Keïta, une des révélations du Championnat, s’est éclaté.

Mais le milieu de terrain guinéen refuse de se laisser distraire. Il n’a qu’une chose en tête : confirmer sur la durée.

«Naby, Leipzig a chatouillé le Bayern Munich pendant un long moment cette saison. Mais les Bavarois ont (encore) raflé le titre. Quel sentiment l’emporte : la fierté ou la déception ?
Jusqu’au dernier moment, on y a cru. Le Bayern s’était détaché depuis un petit moment déjà, mais tant qu’il y avait un espoir mathématique, on espérait… On a fait une saison magnifique. Il n’y a aucune déception, aucune amertume. Notre parcours a été extraordinaire. Jamais on n’aurait pu imaginer jouer le titre. Alors cette deuxième place, c’est vraiment bien. Il faut la savourer.

Personne n’attendait Leipzig à ce niveau. Quelles ont été les clés de votre «épopée» ?
C’est une très grande surprise pour tout le monde, c’est vrai. Et même si c’est logique par rapport à notre saison et à tout le travail qu’on a fourni, j’avoue que nous non plus on ne s’attendait pas forcément à ça. L’objectif, c’était le maintien. Alors on était content de jouer les trouble-fêtes. Mais on ne s’est jamais pris la tête. On ne voulait pas se mettre de pression inutile. C’est ça notre réussite, d’avoir réussi à jouer l’esprit libéré.

A quel moment avez-vous pris conscience que vous pouviez embêter le Bayern ?
Au début, on n’a rien calculé. On a pris les matches un par un. Puis, à la trêve, on était encore en tête et là, on a senti qu’on pouvait faire quelque chose de grand. On s’est dit que tout était possible, qu’il fallait saisir cette occasion. Comme l’avait fait Leicester en Angleterre la saison dernière.
«Il y a eu, inconsciemment, un peu de relâchement.»

N’avez-vous pas, alors, un léger goût d’inachevé ?
Forcément, il manque la saveur du titre. Mais on n’a aucun regret à avoir. On n’était pas programmés pour être champions. Ce n’était pas notre tour. On a fait le maximum. Et accrocher cette deuxième place, derrière un grand club comme le Bayern, c’est déjà magnifique.

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Que vous-a-t-il manqué ?
Peut-être qu’on s’est un peu trop laissés couler. Le titre, ce n’était pas l’objectif. Alors, je pense qu’à un moment, on a perdu des matches qu’on n’avait pas le droit de perdre. On a connu quelques moments un peu plus difficiles, mais ça fait partie des aléas d’une saison. Il y a eu, inconsciemment, un peu de relâchement. Ça explique certaines choses. Parfois, on a manqué de combativité, on est tombés dans le piège de la facilité.

Le Bayern est-il intouchable ?
On a essayé de les embêter. On a tout tenté. Mais c’est une grande équipe. Il n’y a plus rien d’étonnant à ce qu’ils gagnent le Championnat. C’est mérité, il n’y a rien à dire de plus.

Le plus difficile pour vous maintenant, ce sera de confirmer la saison prochaine.
Oui, le plus dur commence. Je ne sais pas quelle sera la politique du club cet été, mais je pense qu’on va essayer d’acheter des joueurs pour se renforcer et jouer des titres. C’est ce que j’aimerais en tout cas. Notre vision doit changer : l’objectif était le maintien, mais la saison prochaine on devra jouer les premiers rôles. Il faudra se battre pour les cinq premières places en Championnat. Au moins.
«On ne veut pas jouer la Ligue des champions pour faire de la figuration ou se faire écraser. Il faudra se montrer à la hauteur»
Mais l’effet de surprise estompé, vous allez être beaucoup plus attendus…
Ça rendra les choses encore plus dures. Nos adversaires vont prendre des dispositions. Désormais, ils nous connaissent. On n’est plus une surprise. Même en ce moment, c’est chaud. On souffre énormément. Mais nous allons devoir aussi nous adapter à ça. Maintenant qu’on a pris la température en Bundesliga, on doit travailler encore plus. On y croit.

La saison prochaine, vous allez disputer la Ligue des champions. Vous êtes prêt ?
Ça, c’est magnifique (rires). C’est un de mes rêves. Jouer contre les meilleures équipes du monde, contre les grandes stars du foot… On sait que ça ne sera pas facile. Après, il ne faut pas se contenter de ça : on ne veut pas jouer la Ligue des champions pour faire de la figuration ou se faire écraser, il faudra se montrer à la hauteur de la compétition et répondre à ses exigences.

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Et dire qu’il y a encore deux ans, vous jouiez à Istres, en Ligue 2…
Tout a changé ! Tout est allé très vite pour moi. Je ne m’attendais pas à ça. Quand j’étais à Istres, j’arrivais du bled, c’était nouveau, j’étais parfois un peu perdu. Beaucoup se demandaient ce que je foutais dans le foot. Mais j’ai fait une belle saison et j’ai eu la chance de pouvoir partir en Autriche. Ce n’est pas un Championnat très reconnu, mais j’ai beaucoup progressé et énormément appris là-bas. Et puis, comme c’était un club partenaire, ça m’a pas mal aidé quand je suis arrivé ici, à Leipzig. La philosophie de jeu était la même, je connaissais déjà quelques joueurs… J’ai trouvé ici un groupe très sympa, bosseur. Je sentais qu’il allait se passer quelque chose.

Et en quelques mois, vous avez su vous rendre quasi indispensable…
Je ne sais pas, je ne suis pas quelqu’un qui aime se flatter. Je ne perds jamais de vue que c’est avant tout grâce au travail d’équipe que je peux briller. Sans mes partenaires, je ne serai pas aussi décisif.
«Je ne me laisse pas distraire par ma nouvelle notoriété»

Mais certains vous comparent déjà à N’Golo Kanté. C’est plutôt flatteur, non ?
(Rires). C’est vrai ? C’est bien, alors. J’aime bien N’Golo Kanté, j’aime bien le regarder jouer. C’est un gars spécial. Il récupère beaucoup et avec lui tout parait facile. Il est extrêmement fort. Mais lui et moi, on n’a rien à voir : si on me compare à lui, je dis merci, mais il me reste encore beaucoup de progrès à faire pour arriver à son niveau.

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De quels joueurs vous inspirez-vous ?
En général, je n’aime pas les joueurs que pour ce qu’ils font sur le terrain. J’attache beaucoup d’importance à leur personnalité, leur mentalité, à ce qu’ils sont en dehors. J’adore Iniesta par exemple. Ce mec, c’est un gagneur. Quand tu le regardes, tu le vois, tu le sens… Mais à côté de ça, il a l’air simple, humble… Tout ce que j’aime.

Comment, de votre côté, vous gérez votre nouvelle notoriété ?
C’est vrai qu’on me demande parfois des photos ou des autographes. Mais honnêtement, ça ne me plaît pas forcément. Je n’en tire aucune fierté. Je prends plutôt ça comme des marques d’encouragements. Ça a beaucoup changé autour de moi. C’est toujours pareil : quand tu fais des bons trucs, tout le monde vient vers toi. Même ceux qui ne t’aiment pas viennent te flatter. Mais, moi, j’ai envie de faire rêver les supporters, de gagner des titres, alors je ne perds pas de vue mes objectifs. Je ne me laisse pas distraire.

Vous serez toujours à Leipzig la saison prochaine ?
Pour le moment, ma tête est à 100% ici. Je me sens bien, je suis épanoui. Mes agents et le club sont là pour gérer tout le volet transfert. Je ne veux pas trop me polluer l’esprit avec tout ça. Je veux rester concentré.

Vous vous fixez des objectifs élevés. Quel est votre rêve ultime ?
J’aimerais devenir un grand joueur africain, comme l’ont été Didier Drogba ou Samuel Eto’o. J’aimerais représenter l’Afrique à travers le monde et faire briller le continent en jouant un jour dans un des meilleurs clubs du monde, le Barça ou le Real. Mais pour le moment, on en est encore loin (rires).»




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