
« Transition politique en Guinée : la présidentielle de 2025 en péril »
Malgré les engagements initiaux de la junte militaire à organiser des élections présidentielles avant la fin de 2025, des doutes persistent quant à leur tenue effective cette année. Les retards accumulés et les déclarations ambiguës des autorités suscitent l’inquiétude au sein de la population et de la communauté internationale.
Un processus électoral toujours incertain
La Guinée est plongée dans une incertitude politique croissante alors que l’échéance de l’élection présidentielle de 2025 approche. Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, le pays est dirigé par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), qui s’était engagé à une transition rapide vers un régime démocratique. Pourtant, à moins d’un an de l’échéance annoncée, les retards accumulés dans le processus électoral et les récentes déclarations des autorités jettent le doute sur la tenue effective du scrutin dans les délais prévus.
Des engagements officiels de plus en plus flous
Lors de la prise de pouvoir, le CNRD avait promis un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Après plusieurs tergiversations, un chronogramme de transition a finalement été adopté en 2022, fixant la présidentielle au plus tard en décembre 2025. Cependant, au fil des mois, les promesses de la junte semblent s’effriter face à des obstacles multiples :
- Retards dans l’établissement du fichier électoral : La révision du fichier électoral et l’enregistrement biométrique des électeurs avancent à un rythme extrêmement lent, alimentant les craintes d’une organisation chaotique du scrutin.
- Blocages institutionnels : La mise en place des institutions de la transition, notamment la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), peine à se concrétiser, laissant planer le doute sur l’indépendance et la transparence du processus.
- Absence de calendrier détaillé : Malgré les demandes insistantes des acteurs politiques et de la société civile, les autorités n’ont toujours pas communiqué de planning clair pour l’organisation des différentes étapes du processus électoral.
Une opposition méfiante et une société civile en alerte
Face à ces incertitudes, l’opposition politique et les organisations de la société civile haussent le ton. Plusieurs partis dénoncent un manque de volonté réelle de la junte à organiser l’élection présidentielle dans les délais impartis. Certains leaders politiques redoutent un scénario où la transition serait prolongée indéfiniment, sous prétexte de retards techniques ou d’instabilité politique.
De son côté, la société civile, qui a longtemps joué un rôle de veille démocratique, multiplie les mises en garde. Plusieurs associations réclament une transparence totale dans le processus électoral et appellent la population à se mobiliser pour éviter un enlisement de la transition.
Pressions internationales et risques de sanctions
La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation en Guinée. La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui avait déjà imposé des sanctions aux militaires au pouvoir avant de les lever en échange d’un chronogramme électoral précis, pourrait durcir à nouveau sa position en cas de non-respect des engagements pris.
Les partenaires internationaux, notamment l’Union Européenne et les Nations Unies, expriment également leurs préoccupations. Une absence d’élection en 2025 risquerait d’isoler davantage la Guinée sur la scène internationale et d’affecter les investissements et l’aide au développement.
Quelle issue pour la transition ?
Alors que l’année 2025 débute sous haute tension, la tenue de l’élection présidentielle demeure incertaine. Pour apaiser les inquiétudes et restaurer la confiance, le CNRD devra impérativement :
- Détailler un calendrier électoral précis et réaliste.
- Accélérer le recensement électoral et garantir la transparence des opérations.
- Assurer un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile.
- Respecter les engagements pris auprès de la communauté internationale.
L’avenir démocratique de la Guinée repose sur ces décisions cruciales. Si les autorités ne prennent pas les mesures nécessaires rapidement, la présidentielle de 2025 pourrait bien être compromise, avec des conséquences potentiellement lourdes pour la stabilité du pays.
— conakrylemag




