Le président guinéen Alpha Condé, le 17 août 2017 à Ouagadougou | AFP:Archives | Ahmed OUOBA
Le président guinéen Alpha Condé, le 17 août 2017 à Ouagadougou | AFP:Archives | Ahmed OUOBA
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Dans la conception du projet de changement de Constitution, il y a eu de mauvais calculs sur des points extrêmement importants.Le Pouvoir pensait sans doute qu’il n’aurait eu en face que celle qu’il considère comme son adversaire traditionnelle à savoir l’UFDG. Avec cette formation politique, comme unique adversaire, les promotteurs du projet de changement de constitution n’auraient pas hésité à sortir l’arme de la communautarisation et de l’ethnisation pour tenter de l’isoler. Mais ils sont surpris d’assister à la renaissance d’une conscience citoyenne face à cette périlleuse entreprise.

Des citoyens guinéens qui n’appartiennent à aucun parti politique s’expriment ouvertement contre tout changement de constitutiondont le but ou l’effet serait d’instaurer une présidence à vie et se regroupent au sein de mouvements citoyens pour mener leur combat. La mobilisation des Guinéens vivant à l’étranger n’était pas non plus dans les calculs.

Le Pouvoir n’a apparemment pas prévu toutes ces dimensions de la question. Dans ses prévisions, une fois que l’Axe serait militarisé, il aurait réussi à tuer dans l’œuf toute velléité de contestations.

Ces prévisions sont entrain de s’avérer fausses d’autant plus que les contestations ont commencé dans des zones supposées acquises à la cause ( Basse-Guinée et Forêt). En plus, le rejet du projet par le « Kountigui » qui est, en réalité, une création du Pouvoir, a porté un très sérieux coup audit projet.

C’est pourquoi, le discours se radicalise et les menaces contre les anti 3ème mandat fusent de partout. Au-delà des menaces, des arrestations sont opérées dans leurs rangs et des violences exercées sur certains d’entre eux. Ce sont les associations et ONG qui sont menacées maintenant au motif qu’elles sortent de leurs missions en faisant de la politique.

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Or, ces structures ne se battent pas pour conquérir et exercer le pouvoir comme des partis politiques. Elles se battent plutôt pour le respect de la Constitution. Ce qui n’est en rien politique. C’est un combat citoyen que tout Guinéen peut et doit mener sans être en conflit avec la loi.

En 2007, lorsque le Forum des Forces Vives demandait le changement en exigeant la nomination d’un Premier ministre proposé par lui, la mise à l’écart de tous les ministres qui avaient été associés à la gestion des années Conté, personne n’avait trouvé que ces revendications étaient politiques. Aujourd’hui, les associations et ONG font bien moins que cela et on les menace de retirer leurs agréments. Il existe heureusement dans ce pays des juges qui commencent à prendre de plus en plus conscience de leur rôle en tant que gardiens des libertés et droits fondamentaux et garants de l’État de droit.

Mohamed Traoré

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