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La corruption et le favoritisme politico-ethnique qui touchent le marché de l’emploi local fait que la jeunesse de Boké est exclue

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Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets” a-t-on l’habitude de dire. Les évènements enregistrés actuellement à Boké illustrent parfaitement bien ce dicton vieux comme le monde.

Ces incidents qui secouent la ville minière du Kakandé depuis le début du mois sont la conséquence du mensonge d’Etat érigé en système de gouvernance. Sur fond de corruption et d’impunité institutionnalisées par le RPG arc-en-ciel. Rendant ainsi les inégalités encore plus difficile à supporter pour les populations exclues des préoccupations d’un président incompétent et d’un gouvernement occupé à se remplir les poches et l’enrichissement d’un clan formé autour du Chef de l’état.

Conséquences, à Boké, le chômage des jeunes, l’absence des services sociaux de base (eau potable, électricité) sont légion. Pendant que les recettes fiscales sont détournées pour le compte des plus hauts placés de l’administration. Au mépris des besoins des populations et des promesses faites en campagnes électorales.

Des discours sans lendemain dont la parfaite illustration reste les nombreux chantiers ouverts en fanfare par le régime Condé et qui sont toujours en chantier. Depuis 2010, aucun projet n’a véritablement abouti. Les chantiers de la fête tournante de l’indépendance ne sont pas encore totalement livrés plus de 6 ans après. Pendant ce temps, les impacts négatifs de l’exploitation minière frappent de plein fouet la ville de Boké, son environnement, sa santé, son écosystème. Les populations attendent toujours dividendes d’une exploitation minière subitement accrue sans résultats tangibles.

La corruption et le favoritisme politico-ethnique qui touchent le marché de l’emploi local fait que la jeunesse de Boké est exclue. «Si tu veux trouver un boulot, il faut militer au RPG arc-en-ciel, ou payer de l’argent ou encore être bien introduit par les pontes de la majorité», dit-on dans la cité minière.

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C’est donc tout naturellement que ces évènements suffisamment prévisibles arrivent. Comme pour dire que le pouvoir aurait dû écouter l’opposition guinéenne qui n’a eu de cesse de dénoncer ces pratiques de corruption et de détournement ayant conduit à l’explosion de la situation sociale.

Sans oublier le tableau plus que sombre de l’économie guinéenne que le pouvoir en place a de plus en plus du mal à relancer en cause le favoritisme et les marchés de gré à gré. Malgré les opportunités, le chômage dépasse les 55% des jeunes diplômés au niveau national et atteint les 70% dans les régions minières. Des taux encore plus élevés dans l’intérieur du pays hors zones minières.

Il est désormais évident pour tous les guinéens que le gouvernement n’a ni vision, ni programme pour sortir la jeunesse de la misère et de la précarité.

Les risques d’une contagion vers Dinguiraye, Kérouané, Mandiana, Siguiri, Kouroussa, Lola etc. ne sont pas à exclure. Les guinéens deviennent exigeants et ne veulent plus observer passifs le pillage de leurs ressources naturelles.

À Boké comme ailleurs auparavant, les populations finissent par sortir de leurs réserves. Elles réclament à présent des résultats concrets aux autorités qui font mine de rechercher des solutions alors qu’en réalité elles ne font que diversion pour gagner du temps et retourner dans leur malhonnêteté.

La jeunesse de Boké vient d’ouvrir le bal des revendications parce qu’elle en n’a assez de cette vie de galère, de regarder passer les trains chargés de leur richesse. Il est temps, pour Alpha Condé, son gouvernement et les acteurs économiques, de définir pour eux de programmes d’insertion professionnelle véritable dans un environnement qui donne aux populations les dividendes des recettes perçues par l’Etat.

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Alpha Condé et son gouvernement se trompent s’ils croient que cette expression de ras-le-bol largement soutenue par les guinéens doit être punie, emprisonnée ou “assassinée”. Il ne faut pas écouter les businessmen des crises et autres va t-en guerre du RPG arc-en-ciel. Il faut plutôt l’écouter la colère qui monte et l’intégrer dans vos préoccupations urgentes au risque de faire à des révoltes généralisées.

Merci à cette jeunesse qui rappelle aux dirigeants qu’une promesse électorale est un engagement politique qui a des conséquences.

OUSMANE GAOUAL DIALLO

Député à l’assemblée nationale

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