Crise de confiance sans précédent au Pays-Bas entre mouvance et opposition guinéenne

Crise de confiance sans précédent au Pays-Bas entre mouvance et opposition guinéenne

À une semaine de la fin de l’enrôlement des Guinéens vivant aux Pays-Bas sur le fichier électoral, les représentants de la mouvance et ceux de l’opposition sont plongés dans une crise de confiance sans précédent, ce qui du coup, prend toute une communauté en otage.

À cause de leurs divergences de points de vue sur fond de calculs électoraux, les deux parties refusent d’assumer leur responsabilité que la loi électorale guinéenne leur attribue quand il s’agit d’identifier et d’enrôler les Guinéens qui ne disposent plus de documents officiels de leur pays d’origine.

D’un côté, il y a l’opposition (UFR et UFDG) qui est prête à signer l’attestation d’identification et de l’autre, il y a la mouvance (RPG-arc-en-ciel) qui ne veut pas en attendre parler.

« Nous n’avons pas le pouvoir d’identifier un Guinéen. Ce travail relève de la compétence de l’ambassade de Guinée à Bruxelles. C’est elle qui doit décider que tel est Guinéen et tel ne l’est pas. Ce n’est pas à nous de faire ce travail. Nous n’étions même pas au courant de l’existence de ce certificat de nationalité que l’ambassade délivre. Il y a des Guinéens des Pays-Bas qui partent à l’ambassade pour se procurer de ce document.

On leur refuse avec l’argument que nous avons tous ces documents ici avec nous. Les mêmes personnes sont renvoyées vers nous par l’ambassade. Un des collègues de l’opposition peut en témoigner », se défend Mamadi Kaba de la mouvance rencontré dans le bureau de recensement des Guinéens dans le quartier Sud de Rotterdam.

Un argument balayé d’un revers de la main par Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de la Guinée dans les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxemburg, ndlr) que nous avons joint cet après-midi au téléphone. « Celui qui vous a dit cela est de mauvaise foi. Je vous informe que c’est la CENI qui a recommandé en assemblée générale d’identifier les Guinéens et de les enrôler.

Cette précision est extrêmement importante. Il faut la souligner. Ce n’est pas l’ambassade qui la recommande. Il faut faire attention ! Quand les trois parties (mouvance, opposition et société civile, ndlr) m’ont appelé au téléphone, c’est ce que nous leur avons expliqué.

J’ai même envoyé certains de mes collaborateurs sur place pour faire passer le même message », nous confie Ousmane Sylla qui regrette le comportement de certains de ses compatriotes qui veulent tout mettre sur le dos de l’ambassade. « C’est une maladie chez nous. Il faut que qu’ils cessent d’incriminer à tout va l’ambassade. Ce qu’ils vous ont dit en Hollande est faux. C’est un mensonge », lâche-t-il.
«Ici en Belgique, tout se passe très bien. L’ambassade est très ouverte et reste à la disposition de tout le monde. L’enrôlement se fait sans problème. Au départ, le même souci s’est posé mais les trois parties ont finalement accepté d’appliquer la recommandation de la CENI », explique M. Sylla.

Effectivement, quand les plaintes des Guinéens vivant sur le territoire néerlandais se sont accentuées, nous nous sommes rendus au Boulevard Auguste Reyes 108 à Bruxelles pour faire nos propres enquêtes et observations. Le moins que l’on puisse dire est que l’enrôlement se déroule dans un climat de confiance et de coopération détendu entre les différentes parties impliquées dans le processus.

« Parmi nous, il y a des juristes, capables de faire une lecture de la loi électorale de notre pays. En Guinée, ce sont les chefs de quartier que la loi autorise à délivrer les certificats de résidence et autres attestations à des personnes qui n’ont pas de passeport ou de carte d’identité. Ici nous sommes à l’étranger, on ne peut pas parler de chef de quartier.

Alors c’est à la Commission Électorale d’Ambassade Indépendante (CEAMI) d’assumer cette responsabilité. C’est clair. On n’invente rien. Vous pouvez vous référer à l’article 19 du code électoral », explique Djibril Tawel Camara, président de la CEAMI en Belgique.

 

De son côté le représentant de la mouvance en Belgique ne comprend pas pourquoi le problème se pose aux Pays-Bas. « Ils doivent mettre les calculs électoraux à côté et penser à la communauté qui est plus importante. Entre la mouvance et l’opposition en Belgique, tout se passe bien. Ceux qui viennent et qui n’ont pas de documents officiels guinéens sont identifiés et enrôlés en fonction des règles établies », déclare-t-il.

 

Compte tenu de leurs statuts de réfugié ou de sans-papiers, nombreux sont les Guinéens qui ne peuvent pas traverser la frontière hollando-belge pour aller à la quête d’un certificat de nationalité à l’ambassade de Guinée à Bruxelles. À quelques jours de la fin du recensement dans les pays du Benelux, plus de 1500 Guinéens ont été jusqu’ici enrôlés à Bruxelles contre une centaine de personnes aux Pays-Bas.

« Le travail qui est en train d’être fait à Bruxelles est très mauvais. C’est une grosse pagaille. Je remets en cause le chiffre que vous venez de me communiquer », critique Mamadi Kaba, un représentant de la mouvance aux Pays-Bas.

L’ambassadeur, les membres de la CEAMI et du CARLE en Belgique apprécieront.

Au cas où les parties ne s’entendent pas, Dr Ousmane Sylla envisage de faire le déplacement sur Rotterdam dans les jours à venir pour régler le problème, nous a-t-il confiés. Au même moment, les représentants de l’opposition en Belgique (PEDN, UFDG et UFR), très remontés contre leurs homologues aux Pays-Bas qu’ils taxent de faibles et d’incapables, menacent de faire une descente sur Rotterdam.

 

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