« Quand j’ai quitté N’zérékoré le dimanche (16 août 2015), je me suis rendu à Diècké pour remplir les formalités avant de franchir la frontière. Tout s’était très bien passé. Mais, du côté libérien la frontière était fermée déjà au moment où j’avais fini les formalités du côté guinéen.
J’étais obligé de rebrousser chemin pour dormir à Diècké. Le lendemain à 08 heures, j’étais à la frontière comme j’avais fait les formalités la veille. Ni la douane, ni la gendarmerie encore moins la police ne m’avaient arrêté pour quoi que ce soit. Donc, j’ai continué jusqu’au dernier poste militaire », explique- t-il.
A en croire au président du BL, c’est justement à ce dernier poste militaire que sa mésaventure a commencé.
« C’est de là qu’un capitaine s’est approché de moi pour me dire que je devais aller voir son chef. Alors je lui ai demandé où se trouvait son chef, il m’a répondu que ce dernier se trouve à Diècké. J’ai dit ton chef se trouve à Diècké et moi je vais à Monrovia. Pour quelle raison vais-je me retourner encore jusqu’à Diècké pour aller voir ton chef ? Il me dit qu’il a reçu des ordres.
Alors je n’ai pas discuté puisqu’il voulait utiliser la force et il était armé. C’est ainsi que je l’ai pris dans ma voiture et nous sommes revenus à Diécké. Arrivés à Diècké, nous avons trouvé son chef qui est un certain Colonel Mohamed Dieng et celui-là me demande de lui présenter mon ordre de mission après qu’il ait regardé tous les autres documents.
Je lui ai dit que je n’avais pas besoin d’ordre de mission pour me promener dans le pays et traverser la frontière au moment où je détenais tous les documents qui me permettent de me déplacer y compris mon passeport CEDEAO et un laissez-passer délivré par les autorités libériennes. Ensuite, il m’a raconté sa vie tout en me demandant de retourner à la région.
Je considérais cela comme un abus de pouvoir », précise par ailleurs Dr Faya Millimono. Il ajoute qu’il était obligé de venir rencontrer le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré qui à ses dires, à fait revenir les agents de sécurité à la raison tout en lui permettant de continuer son chemin.
Que compte faire l’opposant dans les jours à venir ? Selon Faya, la réponse claire.
« Je suis entrain de préparer ma plainte et j’ai constitué des avocats pour les poursuivre. Ça commencera par Yomou et je suis prêt à aller jusqu’à la cour suprême parce que les gens ne sont pas permis de faire du n’importe quoi.
Nous sommes aujourd’hui dans une dictature parce que nous ne sommes pas en état d’urgence ni en situation de guerre qui suspendent certains droits et libertés des citoyens en donnant des pouvoirs élargis à l’armée.
Si les militaires se l’ont permis en disant qu’ils ont reçu des ordres et effectivement ils l’ont reçu, moi je les poursuis pour exécution d’un ordre manifestement illégal, entrave à la liberté de mouvement d’un citoyen et pour le dommage que cela a causé parce que j’ai perdu du temps,
j’ai perdu du carburant, j’ai utilisé ma voiture et j’ai manqué mes rendez-vous importants à Monrovia », nous a confié M. Millimouno d’un un ton sévère.
— conakrylemag