
Un « Prix spécial » pour Doumbouya : mascarade ou flagornerie ?
Le grotesque atteint un sommet en Guinée ! Alors que le pays s’enfonce dans la crise, que l’économie vacille, que les libertés s’amenuisent et que la répression se renforce, voilà que le Général Mamadi Doumbouya se voit gratifié d’un « Prix spécial ».
Un prix pour quoi au juste ? La confiscation du pouvoir ? La manipulation d’une transition sans fin ? L’enlèvement et la torture d’opposants ?
Alors que des millions de Guinéens se battent chaque jour contre la pauvreté, les coupures d’électricité et une gouvernance autoritaire, le comité d’organisation de cette distinction semble avoir trouvé le moyen le plus efficace de plaire au régime : une médaille en chocolat décernée à un homme qui n’a rien accompli d’autre que de s’accrocher au pouvoir.
Un prix pour légitimer l’illégitimable
Soyons clairs : ce prix n’a aucune valeur morale ni institutionnelle. C’est une pure opération de communication, une tentative désespérée de peindre en héros national un homme dont le bilan est synonyme de régression et de tensions.
- A-t-il respecté son engagement de rendre le pouvoir après la transition ? Non.
- A-t-il organisé des élections crédibles ? Non, il prépare plutôt un passage en force.
- A-t-il amélioré la vie des Guinéens ? Non, la pauvreté et la crise énergétique atteignent des sommets.
Alors qu’a-t-il fait pour mériter une récompense ?
Le simple fait qu’on doive poser cette question prouve que ce prix est une mauvaise blague, une manœuvre destinée à lustrer l’image d’un régime de plus en plus impopulaire.
Un comité d’organisation aux ordres ?
Il faut être naïf pour croire que ce prix est le fruit d’un processus objectif et indépendant. Dans une Guinée où le régime contrôle tout, où les médias sont muselés, où les opposants sont traqués, quel comité d’organisation oserait remettre un prix à une personnalité critique du pouvoir ?
Ceux qui ont attribué ce « Prix spécial » à Doumbouya cherchent clairement à se faire bien voir, à gagner des faveurs, à profiter des largesses du régime.
- Est-ce une tentative de se placer politiquement en vue des futures élections ?
- Un moyen d’assurer des financements et des postes dans l’administration ?
- Un acte de soumission volontaire à un pouvoir qui récompense les flagorneurs et punit les esprits libres ?
Probablement un mélange de tout cela.
Un prix indécent face au chaos national
Pendant que Doumbouya se pavane avec son trophée, le peuple guinéen, lui, n’a rien à célébrer :
- Des coupures d’électricité paralysent le pays.
- Le prix des denrées alimentaires explose.
- La justice est instrumentalisée contre les opposants.
- Les militaires verrouillent le pouvoir en écrasant toute contestation.
Mais au lieu de répondre à ces préoccupations, on préfère organiser une cérémonie pour décerner une distinction à un président qui n’a strictement rien réalisé de concret pour améliorer la vie de ses concitoyens.
Un écran de fumée pour préparer une candidature forcée ?
Ne soyons pas dupes : ce prix n’est qu’une étape dans la mise en scène orchestrée pour légitimer la candidature de Doumbouya en 2025.
- On fabrique des distinctions pour le présenter comme un leader incontournable.
- On conditionne l’opinion publique avec des campagnes de propagande massives.
- On cherche à imposer l’idée que Doumbouya est « l’homme providentiel » de la Guinée.
Mais les Guinéens ne sont pas dupes. Ils savent que ce prix ne changera rien à leur souffrance quotidienne. Ils savent que pendant que certains distribuent des trophées, d’autres luttent simplement pour survivre.
Un prix à l’image du régime : vide et sans crédibilité
Cette distinction est à l’image de la gouvernance actuelle : superficielle, sans fondement, et totalement déconnectée de la réalité.
Le seul prix que Doumbouya mérite, c’est celui du plus grand fossoyeur d’espoirs démocratiques. Et si l’histoire est juste, ce prix lui sera décerné… par le peuple, dans la rue.
— conakrylemag




